Des ouvriers occupent leur ferme confisquée par un neveu de Ben Ali

TUNIS (AFP) - Des ouvriers agricoles occupent leur ferme, à l'ouest de Tunis, qui avait été confisquée par un neveu du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, selon des images de la télévision publique tunisienne samedi.

Le mot "Révolution" peint sur un mur, le 21 janvier 2011 à Tunis (© - Martin Bureau)
Alors que la Tunisie observe un deuxième jour de deuil national en mémoire des vcitimes de la "révolution du jasmin", une nouvelle manifestation est prévue dans le centre de Tunis.

Elle doit dénoncer la mainmise des caciques de l'ancien régime sur le gouvernement d'union nationale, en dépit des assurances données vendredi soir par le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, qui a promis de mettre fin à sa carrière politique à l'issue de la période de transition, d'ici six mois au maximum, et d'abroger les "lois antidémocratiques".

Une dizaine d'ouvriers agricoles ont entamé l'occupation de leur ferme, près de Beja, à 105 km à l'ouest de Tunis, qui avait été confisquée par Sofiane Ben Ali, et réclament le retour des anciens propriétaires spoliés par le neveu de l'ex-chef d'Etat, selon la télévision publique.

"Sofiane est un voleur, il avait envoyé les policiers anti-émeute nous chasser à coups de gaz lacrymogène et de matraques, parce qu'on protestait contre cette confiscation", a témoigné un ouvrier agricole. Il a dénoncé le délabrement de la ferme sous son nouveau propriétaire: tracteurs non entretenus, troupeau de vaches laitières décimé...

Le ministre de l'Intérieur a confirmé vendredi l'arrestation de 33 membres de la famille honnie de l'ancien président Ben Ali et de son épouse Leïla Trabelsi, qui avait mis le pays en coupe réglée, sans toutefois donner leurs identités, à l'exception d'Imed Trabelsi, neveu de Leïla, qui était jusqu'alors donné pour mort.

Le gouvernement tunisien de transition a décrété jeudi soir un deuil national de trois jours en mémoire des "martyrs" de la "Révolution de jasmin", qui a contraint le 14 janvier Ben Ali à fuir en Arabie saoudite après un mois de révolte populaire sans précédent dans le monde arabe.

Au moins 100 personnes ont péri lors du soulèvement, selon les Nations unies.