Les obsèques de Jacques Lanzmann lundi à Paris

PARIS (AFP) - Les obsèques de l'écrivain et parolier Jacques Lanzmann se dérouleront lundi à Paris, au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, à 12H00, a annoncé sa famille dans un avis paru dans la presse.

L'écrivain, journaliste et parolier Jacques Lanzmann, le 21 juin 2005 chez lui, à Paris (© AFP/Archives - Catherine Gugelmann)
Amis et admirateurs sont conviés à amener "bouquets de lys et roses blanches", a ajouté la famille, dont l'avis est précédé d'un vers célèbre du parolier: "de battre mon coeur s'est arrêté" (extrait de "la fille du Père Noël").

Jacques Lanzmann, mort mercredi à Paris à l'âge de 79 ans, était l'auteur de nombreux best-sellers et de dizaines de chansons pour Jacques Dutronc, qui ont fait de ce grand voyageur, amoureux du monde et des déserts, un auteur emblématique de la chanson française.

Né le 4 mai 1927 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), fils d'un décorateur et d'une antiquaire, frère du cinéaste Claude Lanzmann, Jacques Lanzmann a fait tous les métiers, écrit 50 livres et quelque 150 chansons.

Au milieu des années 1960, il bouscule la France du général de Gaulle à peine sortie de la guerre d'Algérie, avec des textes déjantés, des onomatopées délirantes reprises en choeur par 50 millions de Français.

"700 millions de Chinois / Et moi, et moi et moi..."

"Dans la vie, il y a des cactus..."

Rien ne prédisposait cet enfant juif de la banlieue parisienne, valet de ferme à 12 ans, à devenir un bouffon de la République. Un gamin différent des autres, "roux à jamais", qu'on aurait "laissé cuire au four trop longtemps".

Entré en 1943 dans la Résistance pour rejoindre son père, il s'essaie à la peinture à la Libération, avant de tout laisser tomber pour bourlinguer à travers le monde. Mineur au Chili au début des années 1950, il en tire son premier succès romanesque, "Le rat d'Amérique", bientôt adapté au cinéma.

Lanzmann devient alors une figure de Saint-Germain-des-près, fréquente Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Aragon le bombarde critique littéraire aux Lettres françaises.

Jacques Lanzmann avec son chat à son domicile, le 21 juin 2005 à Paris (© AFP - Catherine Gugelmann)


En 1963, il est rédacteur en chef de "Lui", "le magazine de l'homme moderne". En pleine période yé-yé, Daniel Filipacchi, le créateur du magazine, le recommande à Jacques Wolfsohn de chez Vogue en quête de chansons, parce que "Quand on sait écrire des romans, on sait forcément écrire des chansons".

Le tandem Lanzmann-Dutronc fait "Crac, boum, hue!" tout de suite. Premier tube en 1966, "Et moi et moi et moi".

"Fais pas ci, fais pas ça!", "Comme un con de parisien"... Les formules de Lanzmann font mouche et Dutronc en rajoute dans le flegme et la dérision. "J'aime les filles", "La fille du Père Noël" et des dizaines d'autres suivront.

Mais Lanzmann, c'est aussi la poésie du quotidien. "Il est cinq heures, Paris s'éveille", sortie quelques mois avant mai 1968, régulièrement cité parmi les plus belles chansons françaises, sera son titre de gloire.

Il enchaîne chansons - pour Dutronc, Régine ou Zizi Jeanmaire - et littérature au rythme d'un livre par an. Une oeuvre sous le signe des coups de coeur de ce grand marcheur, adepte des traversées de déserts et des trekkings au Népal : "Les transsibériennes" (1978), "Le lama bleu" (1983), "Fou de marche" (1985).

Une oeuvre semée aussi de récits autobiographiques - "Mémoires d'un amnésique" (1971) - et de retours vers l'enfance, "Rue des mamours" (1981).

Ecorché, bougon, affectif, Jacques Lanzmann se lance ensuite dans une quête des origines avec des livres plus graves : "N'oublie jamais qui nous sommes" (1999) et "Imagine la terre promise" (2000) forment un diptyque sur "La tribu perdue" d'Israel.

Marié quatre fois, Jacques Lanzmann était père de sept enfants, dont trois en bas âge. Il avait évoqué cette paternité tardive dans son dernier livre, "Une vie de famille", paru en janvier dernier.

Bouillant, sanguin, capable de tout plaquer pour traverser un désert au bout du monde, Jacques Lanzmann a mis sa vie en livres et en chansons :

"Ne r'gardes pas ta vie dans ton rétroviseur

"Mets la première et boucle là.