Irak: 5 morts, dont une journaliste, dans un attentat à la voiture piégée

BAQOUBA (Irak) (AFP) - De nouvelles violences en Irak ont fait au moins cinq morts jeudi matin, dont une journaliste tuée dans un attentat suicide à la voiture piégée contre la police au nord-est de Bagdad, a-t-on appris auprès de plusieurs sources.

Des voitures détruites par l'explosion d'une bombe, le 19 janvier 2011 à Baqouba, en Irak (© )
Un kamikaze a fait exploser vers 10H00 (07H00 GMT) son véhicule rempli d'explosifs devant l'entrée principale du siège de la police de la province de Diyala, situé dans le centre de Baqouba, tout près d'une base des forces de sécurité visée la veille par une attaque similaire.

Wejdane (BIEN Wejdane) Assad al-Joubouri, qui travaille pour le journal Iraq al-Moustaqal ("L'Irak indépendant"), a été tuée par l'explosion, de même que deux policiers, a indiqué le docteur Ahmed Alouane, exerçant à l'hôpital général de Baqouba.

Trente personnes, dont sept policiers, ont également été blessées. Ce bilan a été confirmé par un responsable du ministère de l'Intérieur.

"Je me rendais à pied au marché avec ma famille quand j'ai entendu une énorme explosion", a déclaré à l'AFP Moqtada Aïssa, 47 ans.

"Il y a eu une pluie de débris métalliques, j'ai été touché à la tête et je me suis évanoui", a ajouté cet employé municipal à l'hôpital, où il s'est réveillé, retrouvant son épouse blessée à la main.

Ce quartier-général de la police se trouve sur un carrefour du centre-ville, juste à côté du conseil de la province.

"Les policiers ont été pris par surprise", a estimé Chaïma Jounaïd, 52 ans, qui a vu le véhicule piégé se précipiter à vive allure sur le siège de la police. Elle a été brûlée à la jambe gauche.

La veille, à peu près à la même heure, un kamikaze avait fait exploser une ambulance piégée à l'entrée d'une base utilisée par un service chargé de la protection des bâtiments publics, tuant 14 personnes et faisant 120 blessés.

Une interdiction de circuler dans Baqouba a été imposée jeudi pour tous les véhicules.

Ancien bastion d'Al-Qaïda, Diyala demeure l'une des plus violentes provinces d'Irak, du fait d'importantes tensions ethniques et confessionnelles.

Jeudi matin, deux attentats à la bombe ont également visé des pèlerins chiites en route pour la ville sainte chiite de Kerbala, à 110 km au sud de la capitale, pour y célébrer l'Arbaïn, qui marque la fin des 40 jours de deuil commémorant le martyre en 680 de Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et fils de l'imam Ali.

Le premier a tué un pèlerin et blessé et neuf autres près de l'important marché aux fruits et légumes d'al-Rachid, dans la banlieue sud de Bagdad, selon le responsable du ministère de l'Intérieur. Un pèlerin a péri et trois autres ont été blessés par la seconde bombe, à Kanaan, au sud-est de Baqouba, selon le docteur Alouane.

Mardi, un attentat suicide contre un centre de recrutement de la police avait fait 50 morts et 150 blessés à Tikrit, au nord de Bagdad, soit le bilan le plus lourd en près de trois mois.

Ces dernières attaques illustrent la difficulté de la police et de l'armée irakiennes à contrôler le pays à moins d'un an du retrait des forces américaines.

Si un nouveau gouvernement a finalement vu le jour à Bagdad en décembre après neuf mois de tractations, les portefeuilles stratégiques de la Défense et de l'Intérieur n'ont toujours pas été attribués.