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Les Marocains et le X. Une histoire charnelle (extrait du magazine telquel) partie 1

 
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tareeq3360


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MessagePosté le: 27 Nov 2007, 10:49    Sujet du message: Les Marocains et le X. Une histoire charnelle (extrait du magazine telquel) partie 1 Répondre en citant

Les Marocains et le X. Une histoire charnelle (magazine telquel) + interview de yasmine

Enquête.
Les Marocains et le X. Une histoire charnelle


http://www.telquel-online.com/296/c[...]_296.shtml

Il y a 10 ans, quelques rares vidéos porno circulaient honteusement sous le manteau. Aujourd’hui les Marocains, gavés de Multivision (pirate), affinent leur “goût” pour le X en réclamant des actrices arabes voire… marocaines !


C'est un fait obtus que soulignerait n'importe quel installateur de paraboles de Derb Ghallef : les Marocains sont toujours aussi friands des pornos diffusés sur Multivision. Cependant, les chaînes satellitaires et leurs films généralistes ne sont plus si révélateurs du mode de consommation du X au Maroc. Du fait d'Internet, vitrine de magasin
aux choix infinis, les internautes marocains vivent désormais une sexualité par procuration davantage couleur locale. “À partir de 22 heures, les clients de mon cyber surfent quasiment tous sur des sites pornos. Mais leurs attentes ont changé, explique ce gérant de cybercafé dans un quartier casablancais. Ils recherchent davantage du porno arabe. La tendance est née en 2001, quand ils se sont mis à prospecter des mots-clés comme 'brune' ou les mots 'Maroc' et 'sexe' combinés”.

Le phénomène n'a fait que se confirmer avec les années. Ainsi, en 2007, une consultation rapide de Google trends - outil statistique qui informe sur les termes les plus recherchés par pays - suffit pour confirmer cet essor de la demande pour du sexe plus ou moins local, mettant en scène des filles arabes. Dès le lancement de cette nouvelle fonction en mai 2006 par le moteur de recherche américain, beaucoup ont fait des gorges chaudes en apprenant que le Maroc arrivait dans le tiercé de tête pour les mots “sexe” et “sex”. Mais ces termes génériques ne sont que la partie émergée de l'iceberg. "Voyez ce que le monde recherche", affirme la pub de Google trends. Sous l'eau, en apnée, furtif, le Maroc cherche le terme “97ab” (ou q’hab, littéralement, p****).

La blonde à grosse poitrine, un mythe plombé

Cette année, le terme a fait une percée fulgurante chez les Marocains. Ces derniers arrivent en tête des internautes cherchant cette expression on ne peut plus locale. Rien avant 2007, puis une poussée subite de libido patriote. Et frappante : Google trends ne traite que les mots dont le volume de recherche est suffisamment important pour être révélateur d'une tendance sur Internet. En l'occurrence, “97ab” est devenu le leitmotiv des Marocains sur le Net depuis le développement des blogs locaux, présentant des photos d'adolescentes dénudées. Son plébiscite risque même de se confirmer à l'avenir. Ainsi, après le photoblogging, les internautes du pays se sont mis au film-compilation de photos sur Youtube.com, sous des titres tout aussi “trash”. Pourquoi une telle effervescence sexuelle, docteur ? “Les blondes et leur côté inaccessible ne font plus fantasmer. On recherche l'excitation de proximité, un type de femme que l'on peut croiser tous les jours dans la rue. C'est ainsi qu'une Marocaine dont on ne voit que le string est considérée comme plus excitante qu'une occidentale nue”, explique un ingénieur informaticien. Lors de dépannages à domicile, ce dernier a noté dans les historiques l'essor des sites spécialisés dans les filles arabes (et de préférence marocaines), ainsi qu'un téléchargement de leurs photos tout aussi conséquent. Et ceci n'est pas le fait uniquement des jeunes internautes au fait de la vie underground du Net. “C'est souvent le cas de pères de famille bien sous tous rapports”, ajoute notre ingénieur. Soupçons de pédophilie chuchotés… et gros clairon d'une tendance lourde : “Les médias ont démythifié la blonde auprès des Marocains. On veut maintenant s'émoustiller devant une fille proche, ceci même si la frustration reste la même”, assène Aboubakr Harakat, sexologue à Casablanca.

Du porno de proximité

Serait-ce encore une spécificité marocaine ? Non, pas du tout. Ayant découvert le porno à grande échelle en parallèle au développement de l'Internet, les Marocains ne font que suivre une évolution relevée par les observateurs des mœurs marketing du X sur le marché mondial. L'industrie pornographique répond en temps réel à l'essor fulgurant d'un marché de niches, où la consommation, davantage personnalisée, se fait de plus en plus à la carte. Ce porno à la demande met notamment l'accent sur les spécificités ethniques et le côté amateur des filles. À l'échelle du Maroc donc, la “bent derb” est la transposition locale de la voisine dans les films amateurs occidentaux. Une caractéristique bien marocaine par contre : les insultes qui accompagnent l'exposition de ces filles sur Youtube, scandées par des morceaux rap moralisateurs sur la décadence des mœurs. Et ça, c'est grave docteur ? “C'est une forme de schizophrénie. On essaie de recoller les morceaux d'un miroir brisé. D'un côté, on trouve du plaisir à regarder ces filles proches exposées. De l'autre, leur proximité choque, car ce que l'on accepte des autres est inadmissible quand ce sont des Marocaines”, analyse Aboubakr Harakat.
Cette ambivalence, entre attirance et répulsion, s'exprime même quand il s'agit de pornos arabes, n'impliquant pas forcément des Marocaines. Les internautes marocains arrivent ainsi en tête du trafic sur arabsex.tk, un site à base de films amateurs arabes tournés à la sauvette. Dans la foulée, beaucoup de bloggeurs marocains se sont mis à compiler ces clips, récupérés à droite et à gauche, sur des sites de vidéos en ligne qui ne censurent pas, contrairement à Youtube. En quelques mois, ces Thésaurus made in Morocco du porno arabe sont devenus légions. Mais, ne sachant plus trop sur quel pied danser, les Marocains accompagnent cette mise en exposition de commentaires injurieux. Pour une part, on apprécie ces productions devenues à la mode dans les pays du Moyen-Orient. De l'autre, les filles mises en scène étant pour leur majorité des prostituées, on s'inquiète de savoir si elles ne seraient pas marocaines… des fois.

La beurette, l'avenir du sexe arabe ?

La même question doit tarauder nos internautes quand ils se perdent sur les sites pornos spécialisés dans les beurettes (beurettesrebelles.com ou labeurette.com). Réactifs comme des puces surexcitées, ils ont découvert cette nouvelle tendance, mettant en scène des filles d'origine maghrébine, nées ou ayant grandi en France, quelques semaines à peine après le lancement de sites consacrés au genre. “Les beurettes sont une micro-niche marketing que nous avons investie en 2002. Nous n'avons pas plus de 500 abonnés, car seuls les Français sont intéressés par ce produit. Pourtant, très vite, nous avons reçu des mails de Marocains nous réclamant des films, avec une moyenne de trois demandes par jour”, s'étonne Milukman (un pseudo), à l'origine du site beurettesrebelles.com. Dans leur quête de corps typés, les Marocains ont ainsi rapidement appris à décrypter les références sexuelles des autres. Et même à les faire leurs, car ils y retrouvent comme un parfum familier. Les beurettes sont mises en scène en appuyant sur l'image de “la musulmane de banlieue qui s'encanaille”. Le discours est toujours à peu près le même : une fille vierge veut s'émanciper de la pression morale, “s'éclater” comme il est souvent précisé, s'extirper de sa “misère”, faire sa “caillera”, mais sans oublier de mettre son voile qu'elle retire au fur et à mesure qu'avance le film. Ce ramassis de clichés a séduit les Marocains, qui y ont vu comme une résonance de leur propre imaginaire érotique. “Cet archétype du tabou religieux transgressé est tout aussi valable dans la vie réelle au Maroc. Les prostituées se mettent de plus en plus au voile… car c'est un facteur d'excitation pour les clients. Le voile symbolise le caché, le secret, c'est une métaphore du désir”, explique doctement Aboubakr Harakat.

La darija, viagra auditif
Pas à une récupération près, les internautes marocains se sont mis à apprécier également la bande son des films de beurettes : la darija. C'était au départ une garantie ISO 9001 de l'origine des actrices : “Nous demandons aux actrices de parler en arabe, pour donner aux clients une assurance”, explique froidement Milukman. Mais à l'arrivée, l'appellation d'origine contrôlée s'est transformée, aux oreilles des Marocains, en signe d'une nouvelle transgression. Et qui dit transgression, dit libido dopée. “La hchouma est encore prégnante sur les mots d'amour en darija. Leur pouvoir érotique s'en trouve décuplé. C'est pourquoi les couples, dans l'intimité, réclament souvent des expressions crues quand ils sentent monter l'orgasme”, analyse le sexologue Aboubakr Harakat.
La darija serait même une brèche ouverte dans le porno trash et fait maison (homemade). C'est le must du moment sur Internet, du porno sur mesure dont commenceraient à se vêtir les Marocains. “Les hommes filment leurs copines avec leurs téléphones portables en train de se masturber et réclament qu'elles parlent en darija le plus vulgairement possible”, confirme un réparateur de téléphones mobiles à Derb Ghallef. Mais que l'on se rassure, on ne frôle pas la surproduction cinématographique. C'est un épiphénomène d'une discrétion absolue. Il n'a pas encore franchi la barrière du Net et sa diffusion se limite encore à un cercle d'initiés. “On prend des photos de sexe en groupe pour le plaisir, juste pour nous”, chuchote une jeune amatrice d'échangisme. L'album souvenir n'est consultable que via MMS et est réservé aux seuls participants. “Je fais ça car je suis au-delà du rapport sexuel classique. Je cherche autre chose, mais je ne peux pas franchir le cap de l'exhibitionnisme”, ajoute cette dernière. À croire que dans ce cas, la morale est sauve…





Sexpopuli. La philosophie dans le boudoir

La relation entre le porno et les Marocains ne se limite pas au sexe hargneux. Quelques esthètes, surnageant dans la masse des blogs marocains consacrés au genre, parlent du X à la manière des salons littéraires du 18ème siècle. Lancée par une Casablancaise de 19 ans, sexpopuli.blogspot.com est l'exemple-type (et bien trop esseulé) d'une culture du porno qui se veut éclairée et libérée des frustrations sexuelles. Sur Sexpopuli, aucune photo de Marocaine dénudée, pas une seule insulte en darija bien crade à se mettre sous la dent. Non, rien de ce quotidien pornographique cher aux Marocains. Les 500 habitués du site préfèrent discourir de Gorge profonde, cultissime film X des années 70, reconnu pour ses qualités esthétiques (et transgressives) même par des cinéphiles classiques. “La dimension sociologique a aussi son importance, explique N.F., à l'origine du blog. Il est beaucoup question du sexe chez les arabes et de sa perception”. La sociologie est une ligne éditoriale large. Sur Sexpopuli, une intervention télévisée d'anthologie d'Al Qaradaoui sur la masturbation féminine côtoie un post sur le coming out de l'écrivain Abdallah Taïa. Et pour égayer le blog, plus propice à agiter les neurones que la libido, quelques brèves insolites traitent des méthodes de gavage chez les Mauritaniennes, ou bien de la zoophilie subliminale à propos de la pub d'une banque marocaine… proposant des crédits pour l'Aïd El Kébir.


Propos recueillis par
Mehdi Sekkouri Alaoui
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