Wall Street demeure en baisse modeste en matinée

NEW YORK (AFP) - La Bourse de New York limitait ses pertes lundi en matinée, la tendance générale demeurant néanmoins dans le rouge face à de nouveaux records du pétrole: le Dow Jones cédait 0,40% et le Nasdaq était quasiment stable (-0,02%).

La Bourse de New York, le 18 janvier 2008 (© AFP/Getty Images/Archives - Mario Tama)
Vers 14H30 GMT, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) reculait de 49,10 points à 12.258,25 points et l'indice Nasdaq, à forte composante technologique, de 0,38 point à 2.454,12 points.

L'indice élargi Standard and Poor's 500 baissait lui de 0,21%, soit 2,82 points, à 1.357,21 points.

Vendredi, Wall Street avait nettement progressé, quelque peu apaisée sur le front de l'accélération de l'inflation: le Dow Jones avait gagné 1,37%, le Nasdaq 2,09% et le le SP500 avait avancé de 1,50%.

Mais au retour du week-end, les craintes d'inflation revenaient sur le devant de la scène, car "la grosse histoire aujourd'hui (lundi) est que les prix du pétrole sont de retour à des sommets", a indiqué Mace Blicksilver, analyste de Marblehead Asset Management.

Les cours de l'or noir se sont encore davantage rapprochés de la barre symbolique des 140 dollars, en inscrivant un nouveau record absolu à New York, à 139,89 dollars le baril.

Dans ce contexte où toute menace de hausse de prix fragilise davantage le marché boursier, "les inondations qui frappent le Midwest américain renouvellent les craintes d'inflation" sur les prix de l'alimentation, a estimé Peter Cardillo, analyste d'Avalon Partners. Le Midwest est la principale zone agricole des Etats-Unis.

"De plus, le marché n'a pas été aidé par l'indice Empire State qui est ressorti plus faible que prévu", a ajouté M. Blicksilver.

En effet, la dégradation de l'activité industrielle américaine continuait d'inquiéter sur les capacités de la première économie mondiale à rebondir, puisque, alors que les analystes comptaient sur une contraction réduite de l'activité dans la région de New York, l'indice mesuré par l'enquête Empire State s'est encore détérioré en juin, à -8,7 points.

En outre, "Lehman Brothers et AIG attiraient l'attention vers le secteur financier", ont noté Andrea Kramer et Joseph Hargett, analystes de Schaeffers.

En effet, après avoir chuté la semaine dernière sur des rumeurs sur sa solidité financière, la banque d'affaires Lehman Brothers (+6,82% à 27,57 dollars) a confirmé sa perte de 2,8 milliards de dollars pour le deuxième trimestre.

De son côté, Martin Sullivan, le directeur général d'AIG (+0,41% à 34,32 dollars), premier assureur mondial, est venu allongé la longue liste des patrons poussés vers la porte à cause des lourdes pertes causées par la crise financière.

Parmi les autres valeurs en vue, le brasseur américain Anheuser-Busch restait stable (-0,03% à 61,10 dollars), alors que son concurrent belgo-brésilien InBev a réitéré son offre de rachat, face à des rumeurs de négociations d'une alliance défensive entre Anheuser-Busch et le mexicain Grupo Modelo.

En revanche, "des recommandations négatives sur des éléments de l'indice Dow Jones, General Electric (-1,92%), AT&T (-0,20%) et Verizon (-2,95%) ajoutent une pression négative au marché, de même que le spectre d'une envolée des prix de l'alimentation à la suite des inondations dans le Midwest", a pointé Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.

Le marché obligataire remontait. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans baissait à 4,253%, contre 4,261% vendredi soir, et celui à 30 ans à 4,797%, contre 4,802%.