Traité de Lisbonne: les présidents Klaus et Kaczynski campent sur leur position

LANY (AFP) - Les présidents tchèque Vaclav Klaus et polonais Lech Kaczynski ont campé sur leur position sur le Traité de Lisbonne, l'un farouchement contre, l'autre ne voulant pas faire obstacle au processus européen, comme ils l'ont dit après un entretien, jeudi, dans la région de Prague.

Les présidents tchèque Vaclav Klaus (2e d) et polonais Lech Kaczynsk (2e g), accompagnés de leurs épouses, le 24 juillet 2008 à Lany (© AFP - Michal Cizek)
"Je considère le traité de Lisbonne comme une erreur, une chose mauvaise pour l'Europe", a déclaré le président Klaus qui reste le seul chef d'Etat européen à vouloir enterrer le texte depuis le +non+ irlandais.

"Moi, j'ai confirmé ma position que ce traité n'existe pas sans l'Irlande mais que la Pologne ne veut pas être un obstacle", a pour sa part dit M. Kaczynski, un conservateur volontiers eurosceptique,.

"Nous n'avons pas tenté de nous persuader l'un l'autre. Nous avons nos claires opinions que l'on ne peut pas changer", a ajouté M. Klaus qui a reçu son homologue polonais au château de Lany où il se trouve en convalescence après une opération de la hanche.

"En ce qui concerne la ratification, je pense qu'aucun de nous n'est obligé d'agir maintenant de manière radicale. A mon avis, sans un changement du résultat irlandais, il est vain d'en parler", a ajouté le chef d'Etat tchèque qui a toujours affiché un euroscepticisme farouche.

En République tchèque, "nous avons tous pleuré quand nous avons perdu au cours des deux dernières minutes notre match contre la Turquie au championnat d'Europe de football, mais nul n'a songé que deux heures plus tard un jury pourrait décider que c'était mal joué et qu'un autre résultat serait valable. Et je pense que les règles sont valables dans le football aussi bien que dans les référendums internationaux", a-t-il insisté.

Les pouvoirs constitutionnels de M. Klaus ne lui permettent pas de s'opposer au Traité si le parlement tchèque le ratifie, mais son influence politique est puissante, surtout au sein du Parti civique démocratique (ODS), en position de force au sein de la coalition de centre droite.

Le traité destiné à réformer le fonctionnement des institutions européennes doit être présenté pour ratification au parlement tchèque d'ici la fin de l'année, une fois que la cour constitutionnelle aura émis son avis.

Côté polonais, il manque l'ultime paraphe du président Lech Kaczynski, pour valider le texte approuvé en avril par le parlement.

Jeudi, M. Klaus a annoncé qu'il comptait se rendre en novembre en Irlande pour une "grande visite officielle" prévue "bien avant le non irlandais", en soulignant que ce voyage "pourra être une bonne occasion pour comprendre la position de l'Irlande".

La République tchèque doit succéder à la France à la présidence tournante de l'Union européenne, début 2009.