La toxicité du pétrole de l'Erika, une polémique qui refait surface
RENNES (AFP) - Lancée après le naufrage, la polémique sur la cargaison de l'Erika, soupçonnée d'être plus toxique qu'annoncé, vient de rebondir avec une étude scientifique et un reportage de France 3 relançant l'inquiétude d'associations de bénévoles ayant nettoyé les plages.
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| Corinne Lepage, représentant la commune de Mesquer, le 21 juin 2000 au Tribunal de Commerce de St-Nazaire (© AFP/Archives - Frank Perry) |
Il y fait allusion à un documentaire de France 3 qui accuse Total d'avoir aussi transporté des "résidus de fonds de cuves", plus cancérogène que le fioul numéro 2 annoncé.
Total a démenti mais Corinne Lepage, avocate de deux petites communes au procès qui doit s'ouvrir le 12 février, reste "convaincue qu'il y a des éléments de présomption", sur la cargaison. Les analyses réalisées après le naufrage pour caractériser la cargaison étaient incomplètes, affirme la candidate à l'élection présidentielle.
Jean-Pierre Mignard, avocat de sept collectivités locales, se montre plus prudent. "Si des éléments nouveaux et substantiels étaient soulevés lors de l'audience pour un supplément d'information, nous nous y associerons. Mais, pour le moment, nous ne voulons pas retarder le procès sur la base de rumeurs", a-t-il expliqué à l'AFP.
L'association des bénévoles de l'Erika (ABE) et le collectif anti-marée noire de Saint-Nazaire ont appelé les bénévoles ayant nettoyé les plages à témoigner de leurs éventuels problèmes de santé sur un site internet.
Leurs craintes ont été relancées par la parution en janvier d'une étude de l'Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse (Ensa) rappelant le caractère cancérogène du fioul et accusant les autorités d'avoir "minimisé" les risques.
La polémique avait éclaté en 2000 avec les analyses d'un petit laboratoire du Var, Analytika, mettant en doute la nature de la cargaison.
Mais celles du Centre de documentation, d'expérimentation et de recherche des pollutions accidentelles des eaux (Cedre) n'avaient rien révélé d'anormal dans la cargaison, "cancérogène comme tous les hydrocarbures", le risque dépendant de la fréquence d'exposition, "comme la cigarette".
