Scandale politique au Liban suite à l'invitation de Fouad Siniora au Sommet de la Francophonie à Bucarest

BEYROUTH (MAP) - L'invitation adressée par la Roumanie au Premier ministre libanais Fouad Siniora à la place du président Emile Lahoud, pour assister au sommet de la francophonie prévu le 26 septembre à Bucarest a suscité un grand scandale politique au Liban.

Selon le député Michel Aoun, la Roumanie a commis une grave erreur car cette invitation devait être adressée au président de la république libanaise et non au Premier ministre, estimant que M. Siniora se doit de décliner cette invitation.

La Ligue des Maronites a publié un communiqué mettant en garde contre le fait d'ignorer la présidence de la république qui est habilitée, en vertu de la Constitution du pays, à représenter le Liban, appelant les parties concernées au Liban a expliquer clairement cette question à la partie roumaine.

L'entourage du président Lahoud a appelé la Roumanie à rectifier son erreur et à revenir sur cette décision qui constitue un précédent dangereux, précisant que, dans le cas contraire, une réflexion sera engagée pour répondre à la position adoptée par la Roumanie.

Pour sa part, l'ex-président Amine Al Joumail a déclaré que l'absence de la présidence de la république à ce sommet mondial est inacceptable, affirmant sa solidarité avec la présidence libanaise.

L'ancien Premier ministre, Salim El Hoss a, quant à lui, estimé que M. Siniora a commis une erreur en s'abstenant de trancher sur cette invitation qui lui a été adressée pour représenter le Liban au sommet de la Francophonie.

Par ailleurs, le ministre roumain des Affaires étrangères est arrivé lundi à Beyrouth et a rencontré plusieurs responsables officiels et politiques libanais à l'exception du président Emile Lahoud.

Selon des médias, les responsables ayant rencontré le premier ministre roumains ont compris qu'il existe des considérations en rapport avec l'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne en 2007, ajoutant que la Roumanie est, de ce fait, obligée de suivre la politique étrangère des européens notamment celle des français dont la position envers le président Lahoud est connue.

Le Liban a entrepris des tractations diplomatiques pour remédier à la situation. C'est ainsi que l'ambassadeur du Liban en Roumanie a contacté les responsables concernés à Bucarest pour dénoncer la position roumaine et que le ministère libanais des Affaires étrangères a chargé la déléguée du Liban à l'UNESCO de contacter le secrétaire général de la francophonie Abdou Diouf pour éclaircir cette situation.

De son côté, le ministre libanais de la Justice Charles Rizk chargé du suivi du dossier de la francophonie depuis plusieurs années a entrepris des contacts avec M. Diouf, soulignant l'impératif de rectifier l'erreur commise.

En réponse, M. Diouf a affirmé que seuls les Roumains sont habilités à prendre une décision en la matière.