Rwanda: deux officiers plaident coupable du meurtre d'hommes d'Eglise en 1994

KIGALI (AFP) - Deux des quatre officiers poursuivis par la justice rwandaise pour leur rôle présumé dans le meurtre en juin 1994 de 13 hommes d'Eglise, ont plaidé coupable lors de leur première comparution mardi devant un tribunal à Kigali, a-t-on appris mercredi de source officielle.

Carte du Rwanda (© AFP/infographie)
Les capitaines John Butera et Dieudonné Rukeba ont plaidé coupable, tandis que le général Wilson Gumisiriza et le major Wilson Ukwishaka ont clamé leur innocence, a rapporté mercredi Radio Rwanda, station gouvernementale.

Le ministère public a demandé le maintien en détention des quatre officiers pour lui permettre d'approfondir ses enquêtes et pour éviter que les prévenus ne fuient le pays, a ajouté Radio Rwanda.

De leur côté, les avocats de la défense ont plaidé la libération provisoire de leurs clients, arguant d'irrégularités dans l'arrestation et la mise en détention.

La Haute Cour militaire du Rwanda, présidée par le général Steven Karyango, doit rendre sa décision mercredi après-midi, a ajouté la source.

Selon l'armée rwandaise, les quatre officiers ont été arrêtés la semaine dernière au Rwanda à la suite d'enquêtes menées conjointement par le Parquet général du Rwanda et le bureau du procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Selon le ministère public au Rwanda, ils sont accusés de crimes de guerre, relativement au meurtre, le 5 juin 1994, dans le centre du Rwanda, de 13 responsables de l'Eglise catholique, dont trois évêques.

Les quatre officiers étaient alors membres de la branche armée du Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion actuellement au pouvoir à Kigali).

Parmi les ecclésiastiques tués figuraient l'archevêque de Kigali, Vincent Nsengiyumva, l'évêque de Byumba (nord) Joseph Ruzindana, et l'évêque de Kabgayi (centre) Thaddée Nsengiyumva, alors président de la Conférence des évêques catholiques du Rwanda.

Environ 800.000 personnes, selon l'ONU, essentiellement parmi la minorité tutsie, ont été tuées dans le génocide d'avril à juillet 1994, planifié et mis à exécution par les extrémistes hutus et arrêté par la prise du pouvoir du FPR.

Ces 13 hommes d'Eglise étaient presque tous des Hutus.