Rice à Bagdad: les Etats-Unis veulent que les Arabes se mobilisent en Irak
BAGDAD (AFP) - La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice est arrivée dimanche à Bagdad, alors que Washington insiste sur la nécessité pour les voisins arabes de l'Irak de se mobiliser pour contrecarrer l'influence iranienne dans ce pays.
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| La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le 15 avril 2008 à Washington (© AFP/Getty images/Arch. - Alex Wong) |
Auparavant, elle avait salué M. Maliki en estimant qu'il y avait "une consolidation du centre dans la politique irakienne", propre à rassurer les pays arabes sunnites sur les intentions d'un gouvernement irakien dominé par des chiites.
"Jamais les sunnites, les responsables kurdes, et ceux des chiites qui n'ont pas de lien avec les +groupes spéciaux+ n'ont aussi bien travaillé ensemble", a-t-elle assuré.
Les responsables américains désignent par "groupes spéciaux" des extrémistes chiites que Washington accuse d'être financés, équipés, et entrainés en Iran pour mener des opérations anti-américaines en Irak.
M. Maliki a assuré, avant d'entamer des discussions avec Mme Rice, que la "sécurité s'était améliorée", en dépit des violences qui secouent le pays depuis des semaines et de la menace du chef radical chiite Moqtada Sadr de "guerre ouverte" si les attaques des forces gouvernementales irakiennes et américaines contre son mouvement se poursuivaient.
Selon un diplomate américain, Mme Rice doit également rencontrer des employés de l'ambassade qui a été visée récemment par des volées de roquettes et d'obus de mortiers, tirées par des miliciens chiites.
"Ils se sont montrés courageux dans des circonstances particulièrement difficiles au cours des dernières semaines", a-t-elle commenté.
Mme Rice a effectué cette étape surprise dans la capitale irakienne sur le chemin du Koweit, où elle doit participer à une conférence sur la stabilité en Irak, qui réunit les pays voisins et les grandes puissances.
Cette conférence entre dans le cadre des initiatives internationales propres à soutenir M. Maliki, un chiite, confronté récemment à un regain de violences qui a fait des centaines de tués en quelques semaines.
Les Etats-Unis ont fait de la réconciliation politique entre les différentes factions irakiennes une condition impérative de la stabilisation sécuritaire, propre à justifier une réduction de leur contingent prévue avant juillet.
Arguant de l'amélioration de la situation sécuritaire, les Etats-Unis tentent d'inciter les pays arabes sunnites voisins, en particulier l'Arabie saoudite, à s'investir davantage en Irak, en dépit de sa nouvelle direction chiite.
Lors d'une étape en Irlande sur le chemin du Moyen-Orient, Mme Rice avait appelé les pays arabes à faire face à "leurs obligations" à l'égard de l'Irak, et les avait notamment pressé à rouvrir leurs ambassades à Bagdad.
Washington considère qu'une présence accrue des pays arabes en Irak permettrait d'y contrebalancer l'influence "néfaste" de l'Iran.
Outre les voisins arabes de l'Irak, la conférence de Koweit doit rassembler la Turquie, l'Iran, les membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et d'autres pays industrialisés membres du G8.
Il s'agit de la troisième conférence du genre après celles de Charm el-Cheikh en Egypte, en mai, et d'Istanbul, en Turquie, en novembre 2007.
