"Un rêve de Vienne" au Capitole pour le "Chevalier à la rose" de Nicolas Joël

TOULOUSE (AFP) - Sous la direction du chef d'orchestre tchèque Jiri Kout, Nicolas Joël, futur directeur de l'opéra national de Paris, a mis en scène pour la première fois au théâtre du Capitole de Toulouse l'oeuvre de Richard Strauss, le "Chevalier à la rose".

Martina Serafin (g) et Sophie Koch lors d'une répétition générale, le 7 mai 2008 à Toulouse (© AFP/archives - Muriel Bortoluzzi)
Avec ses fidèles complices italiens, la costumière Franca Squarciapino et le décorateur Ezio Frigerio, Nicolas Joël, qui ne voulait pas "quitter le Capitole sans laisser une version de l'oeuvre", a imaginé "un rêve de Vienne" mis en forme par des palais aux colonnes opulentes mais dont la majesté respire le factice.

Coproduite avec l'opéra de Rome, l'oeuvre de Strauss a été servie par une distribution exceptionnelle avec la soprano viennoise Martina Serafin dans le rôle de La Maréchale, acclamée à juste titre en compagnie du Baron de Lerchenau, Kurt Rydl, par le public toulousain vendredi lors de la première.

Habituée des planches du Capitole et du rôle d'Octavian qu'elle chante sur les plus grandes scènes mondiales, Sophie Koch a une de fois de plus étonné tant par sa justesse d'interprétation que par ses attitudes masculines dans le rôle du jeune Baron éperdument amoureux.

Peu d'artifices dans la mise en scène de Nicolas Joël, qui dirige le théâtre du Capitole depuis 1990 et succédera à Gérard Mortier à la tête de l'opéra national de Paris en septembre 2009.

Le double prix de la critique dramatique et musicale pour ses productions lyriques a indiqué avoir voulu "rendre un hommage appuyé au classicisme et à la théâtralité".

La mise en lumières des trois actes a accentué l'artificialité de cette réflexion sur le temps. "Le temps est quelque-chose d'étrange", se lamente La Maréchale sentant que son jeune amant la quittera "pour une autre qui sera plus belle ou plus jeune". Ce maudit temps qui "ruisselle sur les visages, ruisselle sur les miroirs (...) comme un sablier". Seul moyen de lui échapper alors: "être légers", conseille-t-elle.

Comme ces promesses d'amour éternel du "Chevalier à la rose", "tout est faux dans cette fausse Vienne", souligne Nicolas Joël, "mais cela à l'apparence du vrai".

Quatre autres représentations du Rosenkavalier sont prévues jusqu'au 18 mai.