Le procès Erika, tribune pour parties civiles et candidats à l'Elysée

PARIS (AFP) - La salle des pas perdus du Palais de justice de Paris, avec sa nuée de caméras et d'appareils photo, a servi lundi de tribune à trois candidats à l'Elysée, partie civile ou avocat dans le procès de l'Erika, ou encore ancien ministre lors de la marée noire.

L'ancienne ministre de l'Environnement au moment du naufrage de l'Erika Dominique Voynet, le 12 février 2007 à Paris lors de l'ouverture du procès (© AFP - Jacques Demarthon)
La pléthore de parties civiles dans le dossier du naufrage du pétrolier, autour de 70, a tenu à se faire entendre dès avant l'ouverture des débats pour réclamer un jugement qui fasse date en matière de catastrophe écologique, avec en ligne de mire l'affréteur Total.

En robe d'avocate, représentant plusieurs communes souillées par la marée noire, Corinne Lepage est là pour plaider une "affaire importante". La candidate du mouvement Cap 21 a expliqué que "le principe du pollueur-payeur doit s'appliquer à tous, y compris au monde pétrolier".

Corinne Lepage, avocate de deux communes touchées par la marée noire de l'Erika, le 12 février 2007 à Paris lors de l'ouverture du procès (© AFP - Jacques Demarthon)


Au nom de son département de Vendée, Philippe de Villiers a réclamé un procès "qui fasse jurisprudence" avec l'espoir que les propriétaires des cargaisons soient reconnus "aussi responsables que les propriétaires des navires" en cause.

De fait, la compagnie pétrolière Total a été la cible de la plupart des parties présentes.

Pas partie civile mais ministre de l'Environnement en 1999 au moment du naufrage, Dominique Voynet est la troisième candidate à avoir fait le déplacement pour "voir Total s'expliquer enfin" car l'affréteur "a toujours fui ses responsabilités".

Présidente d'une région partie civile, Ségolène Royal s'est fait représenter mais pourrait venir durant les quatre mois d'audience prévus.

Alain Malardé est bien là et ne décolère pas. Le président de la Confédération maritime, figure médiatique du combat pour les victimes de la marée noire de l'Erika, est vêtu d'un ciré jaune marqué "Total voleur".

"L'émotion submerge la raison", a commenté au nom de Total l'avocat Daniel Soulez-Larivière.

De leur côté, une poignée de bénévoles ayant participé au nettoyage des plages ont exprimé leur désarroi derrière une banderole blanche de leur association déployée devant les grilles du Palais.

L'emblématique président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, est venu évoquer le sort des 150.000 oiseaux sauvages victimes de la marée noire, "qui n'ont pas de valeur" au regard du délit poursuivi mais ont droit eux aussi à "indemnisation".