Le pétrole perd un dollar après une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis
LONDRES (AFP) - Les prix du pétrole plongeaient à nouveau en direction des 110 dollars, après l'annonce d'une progression massive des réserves de brut aux Etats-Unis, bien que l'impact de cette nouvelle ait été amorti par une forte chute des réserves d'essence.
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| Une pompe à essence (© AFP/Archives - Behrouz Mehri) |
A la même heure, le baril de "light sweet crude" pour livraison en septembre (dernier jour de cotation de ce contrat) lâchait 1,22 dollar à 113,31 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
Après avoir pris deux dollars avant la publication du rapport hebdomadaire du Département américain de l'Energie (DoE), les cours du pétrole ont perdu tous leurs gains de la séance et sont repartis dans le rouge, au vu d'une forte progression des stocks américains de brut.
Le DoE a en effet créé la surprise en annonçant une progression massive des réserves de brut, de 9,4 millions de barils, assortie d'un fort recul des réserves d'essence, de 6,2 millions de barils, lors de la semaine achevée le 15 août.
Les analystes tablaient sur une progression bien moindre des stocks de brut, de moins d'un million de barils et sur une chute moins prononcée de l'essence, de 2,4 millions seulement.
"La progression était bien plus forte que les attentes des analystes", a ainsi souligné Robert Montefusco, courtier chez Sucden, tout en observant qu'elle était "sans doute liée à des arrivages importants la semaine dernière de brut, après des retards dans les acheminements par bateau".
"La chute des stocks d'essence est surprenante, sachant que la demande à la pompe baisse", a-t-il par ailleurs souligné.
"Selon des rumeurs de marché, les Canadiens auraient acheté de l'essence aux Etats-Unis pour faire face à des problèmes dans leurs raffineries. Il se peut aussi que les stations service aient profité de prix plus attractifs pour faire provision d'essence plus tôt que d'habitude avant le dernier week-end d'août", avance-t-il.
Les prix du pétrole lâchaient ainsi la quasi totalité de leurs gains de la veille, où ils avaient bondi d'un dollar et demi, après des propos du ministre venezuelien du pétrole Rafael Ramirez en faveur d'une "réduction de production" à la prochaine réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en septembre, si les prix continuent de baisser.
"Dans l'ensemble, le marché est faible", estime Robert Montesfusco.
"Si les prix enfoncent le seuil de 110 dollars, ils devraient continuer à descendre, vers les 100 dollars", ajoute-t-il.
Depuis leur record à près de 150 dollars le 11 juillet (147,50 dollars à Londres), les prix du pétrole se sont écroulés de plus de 35 dollars au vu d'un recul très net de la demande dans les pays industrialisés, notamment aux Etats-Unis.
Le marché comptait jusque là sur la croissance de la demande énergétique dans les pays émergents pour prendre le relai des pays industrialisés. Dorénavant, il doute aussi de la robustesse de la demande en Asie.
"La demande faiblit en Europe et aux Etats-Unis, il reste à savoir si elle sera compensée par la consommation des pays émergents", résume Robert Montefusco.
Un économiste a estimé que la Chine pourrait prendre une série de mesures pour soutenir sa croissance, passant par un infléchissement de sa politique monétaire, des mesures fiscales et une injection massive de capitaux dans l'économie.
"Les plus hautes autorités étudient de près la possibilité d'un stimulant économique d'au moins 200 à 400 milliards de yuans" (entre 19,86 et 39,72 MDS euros), soit "1 ou 1,5% du Produit Intérieur Brut", écrit Franck Gong, de JP Morgan Chase, dans une note reçue par l'AFP mardi.
