Nutrition et écologie: deux axes pour la recherche agro-industrielle

RUNGIS (AFP) - Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a défini mardi les dix thèmes prioritaires de recherche et de développement qu'il entend soutenir dans le secteur de l'agroalimentaire, premier secteur industriel français.

Poissons au marché de Rungis en décembre 2008 (© AFP/Archives - Mehdi Fedouach)
Agriculture et agroalimentaire représentent plus d'un million et demi d'emplois, a rappelé le ministre lors d'un colloque sur toutes les agro-industries qui se tenait à Rungis.

"Et c'est un secteur qui résiste plutôt bien" à la crise, qui "supprime peu d'emplois", a-t-il ajouté.

Ce sont aussi des entreprises (13.000) "ancrées dans nos territoires".

Le secteur réalise plus de 150 milliards d'euros de chiffre d'affaires (dont 30 à l'export) et génère un excédent commercial de 9 milliards.

Le ministre a dévoilé les dix priorités de recherche dans les domaines agroalimentaires et plus généralement agro-industriels qu'entendait soutenir le gouvernement, sans préciser si de nouveaux budgets seraient alloués à ces secteurs.

"L'idée, c'est d'intensifier la recherche" sur les segments qui seront demain la clé "des nouveaux comportements et des nouveaux emplois" dans le secteur, a expliqué Michel Barnier à l'AFP.

Il faut "concentrer nos efforts (...) sur les enjeux les plus stratégiques pouvant déboucher à courte échéance sur des produits ou des marchés nouveaux", citant en exemple le développement des alternatives au pétrole.

M. Barnier veut renforcer la recherche sur les molécules végétales, celles qui permettront de remplacer les molécules de synthèse issues du pétrole dans les "plastiques", le bâtiment, certains textiles techniques.

Ou encore l'énergie verte, appelée aussi bioénergie, qui doit produire des carburants ou d'autres formes d'énergie qui seront une alternative à l'énergie fossile.

Il faut également améliorer la traçabilité et l'emballage des produits alimentaires pour répondre aux besoins à la fois de sécurité sanitaire, de nouvelles formes de consommation, de respect de l'environnement et aux attentes des consommateurs en matière d'information.

Autre grand axe : l'amélioration de l'alimentation. M. Barnier souhaite concentrer le financement des recherches sur les aliments bénéfiques dans le domaine de la santé et du bien-être. Mais aussi sur ceux qui répondront le mieux aux attentes des consommateurs en matière de goût ou de facilité d'usage, pour certains produits prêts à consommer.

Il s'agira aussi d'améliorer l'alimentation des animaux, et donc d'améliorer la qualité de la viande, du lait.

Ou encore la valorisation des produits de la mer, alors que les filets de poisson pré-emballés ou les plats préparés peuvent conduire à des pertes de l'ordre de 50%. Les sous-produits (tête, arête et queue) pourraient être utilisés en cosmétique ou en pharmacie.

Le ministre a aussi cité la sélection de variétés agricoles adaptées au changement climatique, la diversification des débouchés de la viticulture et de l'arboriculture, les engrais naturels respectueux de l'environnement.