Nucléaire au Tricastin: 100 employés "légèrement contaminés" à la centrale EDF

VALENCE (AFP) - 100 employés de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) ont été "légèrement contaminés" mercredi par des radio-éléments qui se sont échappés d'un tuyau dans le bâtiment d'enceinte du réacteur numéro 4, à l'arrêt pour maintenance, a indiqué la direction d'EDF.

La centrale nucléaire du site du Tricastin à Bollène, le 9 juillet 2008 (© AFP/Archives - Fred Dufour)
Vers 09H30, "un tuyau à l'intérieur du bâtiment a été ouvert dans le cadre de cette opération de maintenance et de la poussière radioactive s'en est échappée", a expliqué Alain Peckre, le directeur de la centrale nucléaire, qui a qualifié cet incident de "fait sans gravité".

La préfecture et l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont été aussitôt prévenues, a-t-il ajouté.

L'incident a été classé provisoirement au niveau zéro (sur une échelle de 0 à 7), selon une porte-parole de l'ASN. Les inspecteurs de l'ASN ont pris cette décision au vu des informations communiquées par EDF (qui exploite la centrale), des doses reçues, et des examens qu'ont subis les personnes exposées, a expliqué cette porte-parole.

Le gendarme du nucléaire publiera jeudi un avis sur l'incident, une procédure inhabituelle car l'ASN ne publie normalement un avis qu'à partir du niveau 1. Selon la porte-parole de l'ASN, cette décision a été prise en raison du contexte (trois incidents successifs dans le nucléaire en quinze jours) et de l'exposition d'une centaine de personnes.

En revanche, la dose radioactive est jugée "peu importante".

Selon M. Peckre, 97 salariés d'EDF et d'entreprises sous-traitantes, qui travaillaient dans le bâtiment, ont été évacués vers l'infirmerie pour des examens médicaux après le retentissement des alarmes de détection de contamination. 32 autres employés du site, ayant traversé peu avant le bâtiment ou l'ayant approché, les ont rejoints.

Sur ce total, "100 personnes ont été légèrement contaminées par des radio-éléments quarante fois inférieurs à la limite réglementaire annuelle", a indiqué Stéphanie Biabaut, chargée de communication de la centrale, qui compte quatre unités de production.

"Des investigations se poursuivent pour déterminer les causes de cet évènement, qui n'a pas de conséquence ni sur la santé des personnes ni sur l'environnement. Pendant la durée de l'enquête interne, l'accès du bâtiment impliqué a été suspendu", a-t-elle ajouté.

Le niveau zéro de l'échelle Ines (International Nuclear Event Scale) correspond à des écarts par rapport au fonctionnement normal des installations, n'ayant aucune importance en termes de sûreté, selon le site de l'ASN. Plusieurs centaines d'événements sont classés zéro chaque année en France.

Les incidents nucléaires survenus jeudi dernier à Romans-sur-Isère (Drôme) et le 7 juillet au Tricastin (Vaucluse) ont été classés niveau 1 ("anomalie").