Moscou menace de baser des missiles au Bélarus en réponse au bouclier américain

MINSK (AFP) - La Russie pourrait baser des bombardiers et des missiles au Bélarus voisin si les Etats-Unis déploient leur bouclier antimissile en Europe centrale, a averti mercredi l'ambassadeur russe à Minsk, cité par les agences russes.

Un bombardier et un jet de combat russes survolent la Place Rouge à l'occasion de la parade de la victoire, le 9 mai 2008 (© AFP/Archives - Alexander Nemenov)
"Nous pourrions parler du déploiement de missiles Iskander (courte portée), de bombardiers stratégiques au Bélarus, à Kaliningrad (Russie)...", a indiqué Alexandre Sourikov, selon l'agence Interfax.

"On pourra discuter de tout cela après la signature par les Etats-Unis et la Pologne d'un accord (sur le bouclier) et prendre alors différentes mesures de riposte, à l'exclusion du déploiement d'armes nucléaires", a-t-il ajouté.

La Russie et le Bélarus sont liés par un accord de 1994 prévoyant le retrait de cette ex-république soviétique des armes nucléaires qui y avaient été déployées du temps de l'URSS, a-t-il rappelé.

Les Etats-Unis veulent implanter à l'horizon 2011/2013 dix missiles intercepteurs en Pologne, couplés avec un radar ultrapuissant en République tchèque, pour protéger leur territoire contre d'éventuelles attaques de pays comme l'Iran.

Le président russe Dmitri Medvedev, tout comme son prédécesseur Vladimir Poutine, ont menacé à de multiples reprises de riposter au déploiement de ce bouclier, estimant qu'il porterait atteinte à la sécurité de la Russie.

En 2007, M. Poutine avait menacé de pointer des missiles russes sur l'Ukraine, la Pologne et la République tchèque si les projets d'élargissement de l'Otan ou de déploiement du bouclier se concrétisaient dans ces pays.

En juillet 2007, Moscou a aussi agité la menace de déployer des missiles dans l'enclave de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, aux portes de l'UE.

Washington et Prague ont signé en juillet un accord pour l'installation du radar en République tchèque. Les négociations sur les intercepteurs entre les Etats-Unis et la Pologne traînent en revanche en longueur, Varsovie réclamant en contrepartie des systèmes de défense antiaérienne de type Patriot.