Mort de Gilles Jacquier: M. Juppé demande que Damas "fasse toute la lumière"

NEW YORK (Nations unies) (AFP) - Le ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé a demandé mardi que les autorités syriennes "fassent toute la lumière" sur les circonstances de la mort du journaliste Gilles Jacquier.

Des Syriens tiennent des bougies pour rendre hommage au journaliste français GIlles Jacquier alors que son corps sort de l'hôpital à Homs le 12 janvier 2012 (© - Joseph Eid)
Evoquant le rapport de la mission d'observateurs de la Ligue arabe, il a expliqué que ce rapport ne tranchait pas sur l'origine des tirs qui ont touché le journaliste le 11 janvier.

"La mission dit que Gilles Jacquier a pu être tué par un tir de mortier venant de l'opposition, ce n'est pas le résultat d'une enquête", a-t-il souligné au cours d'une conférence de presse. "Nous avons demandé une enquête transparente aux autorités syriennes et nous n'avons pas pour l'instant les résultats de cette enquête".

Dans son discours devant le Conseil de sécurité, M. Juppé avait tenu à rendre hommage à la mémoire du journaliste. "Je ne permettrai pas qu?on instrumentalise ce décès", a-t-il déclaré. "Il revenait aux autorités syriennes de lui accorder toute la protection nécessaire. Je comprends que cela n?a pas été le cas".

"Certes la mission (des observateurs arabes) indique que le journaliste a été tué par des tirs de mortiers de l?opposition mais cette thèse n?est pas endossée par la Ligue arabe et nous attendons toujours que les autorités syriennes fassent toute la lumière sur cet épisode", a encore déclaré M. Juppé.

Il a expliqué à la presse qu'il ne voulait pas que Damas "utilise ce drame pour dire que c'est l'opposition qui est responsable des violences".

Grand reporter, Gilles Jacquier est le premier journaliste occidental tué en Syrie depuis le début de la révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad il y a dix mois. Il a péri à Homs, épicentre de la contestation dans le centre de la Syrie, lors d'un voyage autorisé par les autorités qui restreignent drastiquement les mouvements des journalistes dans le pays.

Aucun témoin sur place n'a pu établir si l'obus qui l'a tué avait été tiré par un rebelle syrien ou s'il s'agissait d'un tir de l'armée syrienne.