Monshipour remporte sans la manière le première acte de son tour d'honneur

POITIERS (AFP) - Sans le panache dont il rêvait, Mahyar Monshipour a remporté, lundi à Poitiers, après plus de deux ans et demi de retraite, un fastidieux combat de reprise, qui a pourtant suffi à lui rendre l'envie de boxer et l'ambition de décrocher un septième titre mondial.

Le boxeur franco-iranien Mahyar Monshipour vient de battre l'Italien Emiliano Salvin, le 1er décembre 2008 à Poitiers (© AFP - Alain Jocard)
Pour sa tournée de retour, organisée par ses soins, en quatre actes jusqu'en juin prochain et baptisée "Pour l'honneur", Monshipour s'était choisi un adversaire modeste: son premier choix, le champion d'Italie Massimo Morra, forfait, il s'était rabattu à la dernière minute sur son dauphin Emiliano Salvini, sans ne rien en connaître, sinon un palmarès peu impressionnant.

"Je n'ai même pas eu de vidéo. Je vais le découvrir sur le ring. Ca va être un combat à l'ancienne", avait prévenu Monshipour, 33 ans. Ce fut en tout cas un combat fastidieux pour lui et laborieux à suivre pour les quelque 3000 spectateurs (supporteurs) de la salle Lawson-Body.

Refusant quasiment le combat, Salvini était sans cesse averti par l'arbitre pour boxe avec la tête en avant. Au 3e round, puis au 5e, il recevait un avertissement notifié aux juges.

En face, Monshipour cherchait en vain les parades aux fuites de son adversaire. Manquant d'agressivité, souvent à découvert, il peinait à retrouver ses coups d'antan, jusqu'à une belle série dans les cordes qui réveillait un public pourtant acquis. Quelques secondes plus tard, sans solution, Salvini repartait à la charge, tête la première pour la dernière fois.

Disqualification

Après 20 minutes d'un triste combat, l'arbitre adressait un troisième avertissement à l'Italien, synonyme de disqualification.

Au centre du ring, Mahyar Monshipour levait les épaules d'un air déçu avant de saluer la salle. Ce retour, minutieusement préparé, n'était pas celui dont il avait rêvé. "J'ai combattu trois fois à Poitiers. A chaque fois, ça a été mitigé", déclarait-il. "Ce ne sera pas le meilleur combat de mon retour mais c'était le premier".

Pour l'instant, à la recherche de ses sensations, seule la victoire compte. Une défaite, en effet, sonnerait l'arrêt brutal de la tournée, qui doit se poursuivre le 24 janvier à Pau, le 14 mars à Metz pour s'achever en juin en apothéose au Futuroscope, et a coûté cher à Monshipour, en terme d'investissement personnel et financier.

"Ce sera mieux à Pau, puis mieux encore à Metz. Et je vous ramènerai un titre mondial au Futuroscope", a-t-il promis à ses fans, au premier rang desquels Ségolène Royal et Bernard Laporte, à un strapontin d'écart. "Je pesais 54 kg hier à la pesée. Je vais redescendre dans la catégorie des coq (jusqu'à 53,524 kg) pour être champion du monde en juin."

Après avoir un instant rêvé d'une revanche face au Thaïlandais Somsak Sithchatchawal, qui avait signé la fin de sa carrière en mars 2006, en le dépossédant de son titre WBA des super-coq, Monshipour a du changer son fusil d'épaule, Sithchatchawal étant lui monté dans la catégorie supérieure.

En super comme en coq, avec ou sans son bourreau de 2006, Monshipour a promis au moins d'ajouter le panache à la fin de son tour d'honneur.