Maroc: le patron des journaux saisis revendique le droit de critique
CASABLANCA (AFP) - Le directeur des deux magazines marocains saisis ce week-end pour "manquement au respect dû à la personne du roi", a revendiqué mardi le droit de critiquer le système politique de son pays.
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| Le journaliste Ahmed Benchemsi au tribunal de Casablanca, le 3 janvier 2006 (© AFP/Archives - Abdelhak Senna) |
Dans son éditorial publié à la fois dans l'hebdomadaire francophone TelQuel et dans Nichane rédigé en darija (dialecte arabe marocain), il critiquait sur le mode de l'interpellation, les propos du roi Mohammed VI lors de son discours du trône prononcé le 30 juillet, concernant les élections législatives du 7 septembre.
"Nous avons perdu en un week-end un million de dirhams (90.000 euros) avec la saisie dans les kiosques de Nichane et la destruction par la police à l'imprimerie de 50.000 exemplaires de TelQuel, qui n'étaient pas encore reliés", a affirmé le lauréat 2007 du prix Samir Kassir pour la liberté de la presse.
Interrogé sur cette liberté, il a répondu avec ironie: "C'est mieux qu'avant, car dans le passé il n'y avait même pas de tribunal". "On avance, on trébuche, on se relève et on avance à nouveau. On fait preuve de solidarité, on constitue quand même une force", a souligné Ahmed Benchemsi, qui a été interrogé samedi et dimanche durant vingt heures par la police.
"La liberté d'expression au Maroc, c'est comme une cavalcade dans un champ de mines", a encore dit le jeune directeur.
