Manifestation de RSF à Pékin, des journalistes étrangers brièvement retenus

PEKIN (AFP) - Reporters sans frontières a dénoncé lundi à Pékin "le manque criant de liberté d'expression" en Chine, lors d'une action qui s'est soldée par la brève interpellation d'une douzaine de journalistes étrangers, dont celui de l'AFP.

Le secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF) Robert Menard (centre) et des journalistes lors d'une manifestation à Pékin le 6 août 2007 (© AFP - Peter Parks)
Comme de nombreuses autres organisations, RSF a voulu célébrer à sa manière le début du compte à rebours d'ici aux jeux Olympiques, un an avant leur ouverture le 8 août 2008.

"Il n'est pas possible de tenir une grande fête du sport, comme les jeux Olympiques, à l'ombre des prisons chinoises", a déclaré son secrétaire général Robert Ménard.

"Il n'est pas question de gâcher la fête, bien au contraire. Mais Pékin n'a pas tenu ses promesses concernant l'amélioration de la situation des droits de l'homme et continue de faire preuve de cynisme en évoquant l'esprit olympique", a ajouté le responsable.

Vêtus de T-shirts sur lesquels les anneaux olympiques étaient représentés sous forme de menottes, les membres de RSF ont notamment appelé les autorités chinoises à "libérer la centaine de journalistes, internautes et militants de la liberté d'expression actuellement emprisonnés" dans le pays.

Après cette conférence de presse, ils ont organisé une manifestation, qui n'avait pas été autorisée, à quelques pas du siège du Comité d'organisation des jeux, dans le nord-ouest de la capitale.

Ces responsables et certains journalistes avaient quitté les lieux avant que des policiers en uniforme ou en civil n'empêchent ensuite la douzaine de journalistes restés sur place de se disperser.

Ils les ont retenus environ une heure, sans explication, sur un parc de stationnement proche.

Les journalistes ont alors appelé le ministère des Affaires étrangères pour l'informer de la situation et la police a fini par leur permettre de partir, non sans avoir recueilli l'identité de chacun.

"Voilà ce qui pourrait arriver pendant les jeux Olympiques si les gens veulent manifester ou soulever des questions légitimes. L'attitude de la police fait peur", a ensuite commenté Vincent Brossel coordinateur Asie de RSF.

Cette manifestation entre dans le cadre d'une série d'actions ou rapports publiés cette semaine par des groupes de défense des Droits de l'homme ou des médias, visant la Chine, un an avant les jeux.

Le ministère des Affaires étrangères a refusé de commenter l'incident.