La maladie d'Alzheimer suscite crainte et sentiment d'impuissance

PARIS (AFP) - Une majorité de Français partagent une image négative de la maladie d'Alzheimer qui génère une crainte importante, doublée d'un fort sentiment d'impuissance, selon des études menées en 2008 par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes).

Une patiente atteinte de la maladie d'Alzheimer, le 7 février 2008 à l'hôpital gériatrique Antoine Charial près de Lyon (© AFP/Archives - Fred Dufour)
Ces travaux réalisés par l'Inpes dans le cadre du plan Alzheimer - dont une étude qualitative sur 130 personnes et une enquête téléphonique sur quelque 2.000 individus - ont été présentés mercredi à l'occasion d'une visite de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot au pôle gériatrie de l'hôpital Corentin Celton à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine).

La maladie d'Alzheimer est la troisième maladie jugée la plus grave par les personnes interrogées, après le cancer et le sida et la troisième maladie la plus crainte après le cancer et les accidents de circulation.

"Tant le grand public que les aidants familiaux ou les professionnels de santé expriment leur crainte face au caractère inéluctable de la maladie et ses conséquences sur l'identité du malade et sur l'entourage", analyse l'Inpes. Pour les proches et les professionnels de santé, "cette peur se double d'un fort sentiment d'impuissance".

83% des plus de 18 ans estiment que de plus en plus de personnes sont atteintes de la maladie d'Alzheimer et 64% déclarent qu'on ne peut rien faire pour guérir une personne atteinte.

Malgré la forte crainte que suscite cette maladie, 91% des personnes de plus de 18 ans souhaiteraient connaître le diagnostic si elles avaient des signes évocateurs.

Les troubles liés à la mémoire figurent parmi les signes évocateurs les mieux connus du grand public : les symptômes les plus largement associés à la maladie sont ainsi les difficultés à se rappeler le chemin pour rentrer chez soi (95%) et ne pas se souvenir des événements de la veille (83%).

En 2009, l'Inpes doit réaliser une série d'études sur les perceptions du patient à l'égard de sa maladie.