Liban: Paris opposé à "la prise en otage politique" du TSL, selon Alliot-Marie

PARIS (AFP) - La France est opposée à "la prise en otage politique" du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), institution créée par la communauté internationale que "nul ne peut paralyser", a déclaré samedi la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie au quotidien jordanien Al Arab Al Yawm.

Des soldats libanais patrouillent dans les rues de Beyrouth en réponse à la tension politique, le 22 janvier 2011 (© - Anwar Amro)
"Nous sommes opposés à une prise en otage politique du travail du Tribunal spécial pour le Liban. C'est une juridiction indépendante, créée par la communauté internationale. Nul ne peut le paralyser. Il doit pouvoir poursuivre son travail. On ne peut opposer justice et stabilité", affirme la ministre dans cette interview dont le texte a été diffusé à Paris par son ministère.

Onze ministres du camp du mouvement chiite Hezbollah ont démissionné le 12 janvier du gouvernement d'union au Liban, provoquant sa chute, après de longs mois de bras de fer avec le camp du Premier ministre Saad Hariri au sujet du TSL chargé d'identifier et de juger les assassins de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, le père de Saad tué en février 2005.

"Le message de la France est constant: nous appuyons les autorités libanaises qui s'efforcent aujourd'hui de préserver la stabilité du pays et de composer un nouveau gouvernement. Nous pensons qu'il n'y a aucune fatalité à la crise", déclare Mme Alliot-Marie.

Au Caire, avant-dernière étape de sa tournée au Proche-Orient, Mme Alliot-Marie a souhaité samedi, en présence du chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit, que "l'intervention du TSL permette de consolider la réconciliation de tous les Libanais et de garantir l'unité nationale".