Liban: nouveaux combats entre partisans de la majorité et du Hezbollah
TRIPOLI (AFP) - Des combats à l'arme lourde opposaient partisans du gouvernement et de l'opposition dimanche matin dans le nord du Liban, où les tensions restent vives malgré le début d'apaisement la veille dans le capitale.
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| La photo de Rafic Hariri brandie le 10 mai 2008 à Tripoli après la mise à sac d'un bureau du parti Baath à Tripoli (© AFP) |
Les combats à la mitrailleuse et au lance-roquette, opposent des partisans sunnites de la majorité au pouvoir à Beyrouth et des Alaouites, branche dissidente des chiites, loyale au Hezbollah, soutenu par la Syrie et l'Iran.
La veille, le Hezbollah et ses alliés de l'opposition avaient pourtant donné un signal de conciliation en commençant à retirer leurs combattants des quartiers ouest de Beyrouth conquis la veille, à l'appel de l'armée, à qui le gouvernement s'en est remis pour rétablir "la paix civile". L'armée avait annoncé qu'elle gelait les récentes décisions du gouvernement contre le Hezbollah, à l'origine de violences entre partisans de la majorité et de l'opposition qui ont fait depuis jeudi 37 morts, les pires depuis la fin de la guerre civile (1975-90).
"Le mouvement chiite Amal annonce que ses partisans ont commencé à se retirer des rues de Beyrouth", a déclaré un responsable de ce parti, allié du Hezbollah. Il a cependant ajouté que l'opposition poursuivrait son mouvement de "désobéissance civile". L'opposition avait investi vendredi l'ouest de Beyrouth, contrôlé en partie jusque-là par la majorité.
Dans une adresse à la nation samedi, le Premier ministre Fouad Siniora a jugé que la démocratie avait été "poignardée au coeur" mais que l'Etat ne tomberait pas "face aux putschistes". "Je demande à l'armée d'imposer la sécurité (...) et de retirer les hommes armés de la rue immédiatement", a-t-il ajouté.
L'armée a ainsi demandé à tous les hommes armés de se retirer des rues et a également, dans un souci d'équilibre, décidé que le chef de la sécurité de l'aéroport, Wafic Choukair, présenté comme un proche du Hezbollah et limogé par le gouvernement, resterait à son poste en attendant les résultats d'une enquête sur lui. Par ailleurs, l'armée a dit qu'elle allait "étudier" le réseau de télécommunications du Hezbollah, sur lequel le gouvernement voulait enquêter.
La formation chiite, qui estime que ce réseau est essentiel dans sa lutte contre Israël, avait qualifié de "déclaration de guerre" cette démarche gouvernementale, provoquant les combats meurtriers entre les deux camps.
A un journaliste qui lui demandait si le gel de ces décisions ne constituait pas une humiliation pour la majorité, un de ses leaders, Walid Joumblatt, a dit qu'il était "dans l'intérêt de la préservation de la paix". L'armée, traditionnellement chargée du maintien de l'ordre, n'est pas intervenue dans les combats, de crainte de scissions. Samedi, les militaires étaient fortement présents sur les principaux axes de la capitale.
La vie avait timidement repris samedi dans l'ouest de Beyrouth, les commerces avaient rouvert et les habitants s'aventuraient dans la rue. La route menant à l'aéroport international de Beyrouth, où aucun vol n'était prévu dimanche, était toujours bloquée par le Hezbollah. Un responsable de l'opposition a déclaré à l'AFP que cet axe ainsi que d'autres routes resteraient bloquées. Les étrangers ont continué samedi de quitter le pays par la route, via la Syrie, alors que la Turquie et le Koweït évacuaient leurs ressortissants.
