Liban: le leader druze Walid Joumblatt va choisir son camp pour la nomination d'un Premier ministre

BEYROUTH (AFP) - Le leader druze libanais Walid Joumblatt devait annoncer vendredi sur quel camp portera son choix dans la bataille pour la nomination du futur Premier ministre au Liban, plongé dans une grave crise politique liée au tribunal de l'ONU sur l'assassinat en 2005 de Rafic Hariri.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri, le 20 janvier 2011, à Beyrouth (© - -)
Selon des responsables, il devrait apporter son soutien à l'opposition emmenée par le puissant mouvement armé chiite du Hezbollah, face au camp de la majorité parlementaire menée par le Premier ministre en exercice, Saad Hariri, fils de Rafic.

Le leader druze, un ancien ténor du camp Hariri qui s'est rapproché en 2009 du Hezbollah, devait tenir une conférence de presse dans l'après-midi.

Son bloc parlementaire compte 11 députés, parmi lesquels cinq chrétiens et un sunnite. M. Joumblatt devrait pouvoir assurer le soutien de sept de ses députés, nécessaires au camp du Hezbollah pour imposer leur candidat au poste de Premier ministre.

L'opposition ne veut pas voir un retour de Saad Hariri et selon des médias et responsables, son candidat serait probablement l'ancien Premier ministre Omar Karamé.

"Il est clair que Joumblatt craint des violences confessionnelles et n'a d'autre choix que de soutenir le Hezbollah", a indiqué un responsable proche de son bloc parlementaire. La situation "ne tient qu'à un fil et peut-être si le Hezbollah a ce qu'il veut, elle ne dégénérera pas en violence".

Le 12 janvier, les 11 ministres du camp Hezbollah ont démissionné provoquant la chute du gouvernement de Saad Hariri, qui avait refusé de céder à leurs exigences de désavouer le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) chargé d'identifier et de juger les assassins de son père

Le Hezbollah s'attend à être mis en cause et a averti qu'il se "défendra" contre toute charge.

Saad Hariri a confirmé jeudi sa candidature pour un nouveau mandat. Le président Michel Sleimane doit entamer des consultations lundi avec les groupes parlementaires en vue de la nomination d'un Premier ministre.

Après avoir fait défection du camp de la majorité, M. Joumblatt a opéré un rapprochement en direction du Hezbollah avec lequel il avait entretenu des relations tumultueuses. En 2006, il avait accusé publiquement le Hezbollah d'implication dans l'assassinat de personnalités politiques libanaises antisyriennes survenues après celui de Rafic Hariri.

Il avait accusé la Syrie, ancienne puissance de tutelle au Liban, de l'assassinat de Hariri et de celui de son père, Kamal Joumblatt, tué en 1977. Mais il a rétabli les ponts avec Damas ces deux dernières années.