Liban: l'élection d'un président reportée sine die
BEYROUTH (AFP) - La 18e séance d'élection d'un président de la République au Parlement libanais prévue mardi a été reportée sine die, accentuant la profonde crise que traverse le pays divisé entre majorité antisyrienne et opposition soutenue par Damas et Téhéran.
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| Le Parlement libanais sous surveillance le 22 avril 2008 à Beyrouth avant la 18e séance pour tenter d'élire un président (© AFP - Anwar Amro) |
"J'attends (de la majorité) l'acceptation du dialogue dans un court délai avant de fixer une nouvelle date pour l'élection d'un président", a-t-il affirmé devant la presse.
"S'il y a dialogue, nous fixerons lors d'une table ronde une nouvelle date pour l'élection", a-t-il indiqué.
"Si je n'obtiens pas de réponse positive dans un, deux ou trois jours, je convoquerai une nouvelle séance", a affirmé le président du Parlement.
Il a indiqué que s'il y a accord, le chef de l'armée, Michel Sleimane, considéré comme un candidat consensuel, sera immédiatement élu.
Mais la majorité soutenue par les pays occidentaux et l'Arabie saoudite a immédiatement réagi en rejetant cette offre, accusant M. Berri de conditionner l'élection présidentielle.
"C'est une mascarade. Ce n'est pas une invitation au dialogue, c'est une mise sous condition de la présidentielle", a affirmé à l'AFP le ministre des Télécommunications et député de la majorité, Marwan Hamadé.
La majorité réclame l'élection immédiate de Michel Sleimane, alors que l'opposition lie cette élection à un ensemble de revendications qui englobe un gouvernement d'union nationale et une nouvelle loi électorale.
"Cette invitation est contraire à toute disposition constitutionnelle, car ni la constitution ni l'initiative arabe ne soumettent l'élection d'un président à aucune condition", a ajouté M. Hamadé.
En raison de la crise entre la majorité antisyrienne et l'opposition soutenue par Damas et Téhéran, le Liban est sans président depuis le départ du pro-syrien Emile Lahoud fin novembre, à la fin de son mandat.
Des députés de l'opposition et de la majorité s'étaient rendus au siège du Parlement mardi mais sans atteindre le quorum des deux tiers des 128 membres requis pour l'élection d'un chef de l'Etat.
Des députés de l'opposition ont salué l'initiative de M. Berri. "Cette invitation ouvre la voie à une solution", s'est ainsi réjoui le député Michel Murr."Nous espérons que la majorité répondra favorablement à cette invitation", a dit de son côté Ali Bazzi, élu du mouvement chiite Amal, présidé par M. Berri.
Avant l'annonce du report, un député du Hezbollah chiite, figure de proue de l'opposition, a réaffirmé que son mouvement liait l'élection d'un président à un "paquet" de demandes.
"Nous avons dit à la majorité que s'ils voulaient l'élection d'un président, qu'ils viennent à la table du dialogue pour que l'on discute du gouvernement et de la loi électorale", a déclaré Nawwar el-Sahli aux journalistes.
Malgré les médiations internationales et arabes pour régler la crise, aucune percée n'a été réalisée, les deux camps s'accusant mutuellement d'entraver toute solution.
La Syrie, ancienne puissance de tutelle, est accusée par la majorité et les pays occidentaux de vouloir déstabiliser le Liban en vue d'y regagner son influence, tandis que l'opposition reproche à la coalition au pouvoir d'être inféodée à Washington.
Une réunion "informelle" sur le Liban devait se tenir mardi après-midi au Koweït en marge d'une conférence sur l'Irak, avec plusieurs pays occidentaux et arabes, mais pas la Syrie.
