Liban: Bernard Kouchner rencontre son homologue syrien à Koweït
KOWEIT (AFP) - Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a rencontré son homologue syrien Walid Mouallem mardi à Koweït pour parler du Liban, une première depuis la décision française en décembre dernier de suspendre les contacts à haut niveau avec Damas.
![]() |
| Bernard Kouchner entre ses homologues syrien Walid Mouallem (d) et iranien, le 22 avril 2008 à Koweït (© AFP - Marwan Naamani) |
M. Kouchner s'est borné à déclarer à la sortie de l'entretien qu'il avait "évoqué la situation au Liban", où le parlement est incapable depuis novembre dernier d'élire un nouveau président.
Le président français Nicolas Sarkozy avait décidé fin décembre de suspendre les contacts de haut niveau avec la Syrie, tant que cette dernière ne démontrerait pas qu'elle était prête à laisser le Liban élire un président de consensus.
Une réunion informelle sur le Liban doit se tenir mardi après-midi en marge de la conférence sur l'Irak, avec plusieurs pays arabes dont le Liban -mais pas la Syrie-, et plusieurs puissances internationales parmi lesquelles les Etats-Unis, la Russie et la France.
La dernière rencontre entre M. Kouchner et Mouallem avait eu lieu en novembre dernier à Istanbul (Turquie), à l'occasion d'une autre réunion internationale sur l'Irak.
M. Kouchner s'était particulièrement impliqué dans le dossier libanais l'an dernier, en se rendant à sept reprises dans ce pays pour tenter sans succès de dénouer la crise.
Le président Sarkozy avait décidé d'arrêter les contacts avec Damas après s'être entretenu personnellement au téléphone avec le président Bachar al-Assad et avoir dépêché deux fois à Damas le secrétaire général de la présidence, Claude Guéant, toujours sans résultat.
M. Sarkozy avait toutefois laissé entendre en janvier dernier, lors d'une visite en Arabie saoudite, qu'il ne souhaitait pas couper les ponts avec Damas.
"J'ai décidé de ne pas poursuivre mes contacts - ou les contacts que mes collaborateurs et moi avons eus - avec Damas, ce qui ne signifie d'ailleurs pas que nous nous interdisions toute communication avec la Syrie", avait-il déclaré.
L'entourage de M. Kouchner se montrait également prudent sur la portée de cette rencontre.
"Il faut parler avec tout le monde, y compris avec les gens avec qui on est en désaccord, pour qu'il n'y ait pas de malentendu", soulignait un diplomate français présent à Koweït.
"Avec les Syriens on a un vrai désaccord. On leur parle sans illusion, avec la distance nécessaire, avec une longue cuillère", a-t-il ajouté.
Le Liban est sans président depuis le départ du pro-syrien Emile Lahoud au terme de son mandat fin novembre, en raison de la crise entre la majorité anti-syrienne et l'opposition soutenue par Damas et Téhéran.
Une 18e séance d'élection d'un président prévue mardi a été maintenue au Parlement libanais, mais les députés de la majorité ne s'attendent pas à la désignation d'un nouveau chef de l'Etat.
