Législatives au Congo: tension dans une ville en attente des résultats

BRAZZAVILLE (AFP) - La situation était tendue mardi dans la localité de Moussendjo (300 km au sud-ouest de Brazzaville), où la police s'est déployée pour calmer les deux camps en présence qui revendiquent la victoire au second tour des législatives de dimanche, selon des sources concordantes.

Une Congolaise vote à Brazzaville, le 5 août 2007 (© AFP)
"La non publication des résultats a créé un flou que personne n'arrive à gérer" et "les deux camps se disent vainqueur", a expliqué un membre de l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) Jean Gabriel Mavanga Bakala, joint par l'AFP à Dolisie, à une centaine de kilomètres de Moussendjo.

Les observateurs ont préféré quitter lundi soir Moussendjo pour Dolisie après l'arrivée des forces de l'ordre dans la nuit de dimanche à lundi, qui a créé une psychose dans une population encore marquée par la guerre civile de la fin des années 90, a-t-il expliqué.

"Ces agents de l'ordre sont venus essentiellement pour calmer les militants des deux candidats qui ont commencé à manifester" pour revendiquer la victoire, a indiqué de son côté le premier vice-président de la Commission locale d'organisation des élections, Michel Ibouilou à l'AFP.

"Nous n'avons pas encore publié les résultats partiels parce que nous ne sommes pas encore en possession des décomptes de tous les bureaux", a-t-il affirmé, admettant que les "deux camps (étaient) en ébullition".

Le député sortant de la circonscription, Emmanuel Boungouandza, candidat de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads), formation de l'ex-président Pascal Lissouba et principal parti d'opposition à l'Assemblée, a clamé victoire et accusé la commission de tenter de manipuler les résultats.

"Depuis dimanche, la commission locale refuse de publier les résultats, alors que nous les connaissons. Ils me donnent vainqueur" de 94 voix, a affirmé M. Boungouandza à l'AFP depuis Moussendjo.

"Une fraction de la commission est allée travailler quelque part dans le but de faire basculer les résultats en faveur de mon adversaire. Nous exigeons que la commission se remette ensemble de peur qu’elle ne publie de faux résultats", a-t-il expliqué.

M. Boungouandza - qui était opposé au ministre de la Réforme foncière, Lamyr Nguelet, membre du Parti congolais du Travail (PCT) du chef de l'Etat Denis Sassou Nguesso mais candidat sous l'étiquette "indépendant" - a décrit la ville comme étant en "état de siège".

Furieux que nombre d'entre eux ne trouvent pas leur nom sur les listes électorales, les électeurs de Moussendjo avaient empêché le 24 juin, le déroulement du premier tour, qui avait été reporté en juillet. Selon les observateurs, le deuxième tour, dimanche, s'est en revanche déroulé dans le calme et sans incident dans la localité.