Koweit: conférence des paysans voisins de l'Irak en présence de Rice et Maliki
KOWEIT (AFP) - Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a exhorté mardi au Koweït les voisins de l'Irak à aider à stabiliser son pays en tenant leurs promesses d'annulation de sa dette et d'y envoyer des ambassadeurs.
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| Condoleezza Rice et Nouri al-Maliki lors de la conférence ministérielle des pays voisins de l'Irak, le 22 avril 2008 à Koweit (© AFP - Marwan Naamani) |
"Le montant de la dette et les dédommagements que l'Irak paie causent un grave préjudice à nos infrastructures et notre économie nationale", a déclaré M. Maliki lors de la session d'ouverture de la conférence internationale sur l'Irak. Selon le Club de Paris, la dette totale de l'Irak était évaluée à environ 120 milliards de dollars fin 2004. A en croire le département d'Etat, cette dette a été réduite de 66,5 milliards de dollars ces trois dernières années.
"Nous attendons toujours que les engagements et promesses de renoncer aux créances et aux dédommagements soient tenus", a ajouté M. Maliki, qui dirige la délégation de son pays à la conférence de Koweit. Il faisait allusion aux dédommagements que l'Irak doit payer pour l'invasion du Koweït en 1990 par le régime de Saddam Hussein. Les pays du Golfe, en particulier l'Arabie saoudite et le Koweit, ont promis une réduction substantielle de la dette extérieure de l'Irak mais Bagdad attend toujours que cela se traduise dans les faits.
A l'issue d'une rencontre lundi à Manama avec des représentants de huit pays arabes dirigés par des régimes sunnites et de l'Irak, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice n'a annoncé aucune percée sur l'allègement de la dette et l'ouverture d'ambassades arabes à Bagdad.
Ces deux domaines sont jugés cruciaux pour la stabilisation de l'Irak par Washington qui voit dans une mobilisation arabe plus forte dans ce pays un contrepoids efficace à l'influence de l'Iran chiite voisin. "Il est très difficile de trouver une explication raisonnable à la non reprise des relations diplomatiques avec l'Irak au niveau des ambassadeurs. Il y a eu des promesses mais elles ne se sont pas matérialisées", a ajouté M. Maliki. "L'envoi d'ambassadeurs à Bagdad aidera à la sécurité et à la stabilité" de l'Irak, a-t-il dit.
Depuis l'invasion américaine en 2003, qui a renversé le régime sunnite de Saddam Hussein, les pays voisins arabes sunnites de l'Irak se sont inquiétés de l'insécurité dans ce pays et ont hésité à soutenir un gouvernement dominé par les chiites. Les Etats-Unis ont fait de la réconciliation entre les factions irakiennes une condition impérative à la stabilisation de la sécurité, susceptible de justifier une réduction de leur contingent.
