Kenzo quitte son loft et vend sa collection d'art

PARIS (AFP) - Le couturier Kenzo a décidé de "tourner la page" et déménage de sa maison près de Bastille à Paris, vendant sa collection d'objets d'arts, laques japonais, poupées amérindiennes ou statuettes chinoises.

Kenzo Takada, dans son loft parisien le 24 mars 2009 (© AFP - Francois Guillot)
Un mois après la vente de la collection Yves Saint Laurent - Pierre Bergé, un autre grand couturier, Kenzo Takada, plus connu sous le nom et la marque de "Kenzo", a annoncé vendre sa collection d'objets d'arts.

La dispersion, menée par la maison Aguttes, aura lieu les 16 et 17 juin à Drouot Montaigne à Paris. Forte de quelque 1.300 pièces, la collection est estimée à un montant global de 1,5-1,8 million d'euros.

"J'ai vécu dans cette maison, où j'ai aménagé en 1989, pendant 20 ans. J'ai besoin de changement, de tourner la page", a indiqué le couturier âgé de 70 ans, lors d'une conférence de presse mardi dans la demeure, déjà vendue, qu'il quittera dans les semaines qui viennent.

"En arrivant, je voulais absolument une maison avec un jardin japonais. Mon rêve s'est réalisé. Maintenant, je veux vivre autrement", a-t-il dit, précisant qu'il allait vivre dans un appartement qui est "le contraire d'ici", de 250 m2, rive gauche, avec la vue sur Paris qui lui "manquait" dans sa maison japonaise.

La maison, 1.100 m2 et une série d'une vingtaine de pièces sur trois étages, comprend une piscine intérieure, deux jardins japonais dont l'un avec cascade et poissons et deux terrasses.

"Je ne suis pas collectionneur", a indiqué le couturier qui a vendu il y a une dizaine d'années sa marque au groupe LVMH. "Mais en habitant ici, je me suis mis petit à petit à collectionner, de la porcelaine japonaise, des objets de Chine, de Thaïlande, d'Afrique".

"On ne peut pas comparer avec la collection Saint-Laurent-Bergé, qui était surtout européenne classique", a indiqué le commissaire-priseur Claude Aguttes. "Kenzo a acheté des pièces du monde entier, la plupart d'Asie, mais certaines sont dignes d'un musée", a-t-il ajouté.

Les pièces en vente sont estimées d'une centaine à quelques centaines de milliers d'euros.

Les plus remarquables sont un cheval de bois de l'époque Han, vieux de 2.000 ans (estimation 80.000-100.000 euros), une statuette thaïlandaise de 600 grammes d'or massif du VIIe-IXe siècle (60.000-100.000), des statuettes de dames de cour d'époque Tang (15.000-20.000) ou des sculptures khmères.

Egalement rarissimes, des laques de type Negoro - la vaisselle de laque des moines zen - seulement visibles dans des musées (15.000- 20.000 euros pièce).

La vente comprendra également une collection de kimonos, un prototype de paravent réalisé par Kenzo pour Baccarat, des parures océaniennes, des céramiques japonaises contemporaines, des statuettes kachinas d'Amérique dont certaines ont appartenu à l'écrivain André Breton.

Des visites dans la maison de Kenzo sont organisées du 12 au 15 mai sur présentation du catalogue. L'exposition publique aura lieu à Drouot-Montaigne du samedi 13 au lundi 15 juin.