Irak: les marais de Mésopotamie presque à moitié restaurés

TOKYO (AFP) - Les marais de Mésopotamie dans le sud de l'Irak, qui avaient été asséchés sous le régime de l'ancien président Saddam Hussein, sont déjà presque à moitié restaurés, a indiqué jeudi à Tokyo un porte-parole de l'ONU chargé d'un projet international à cette fin.

Les marais de Mésopotamie en 2003, près de Bassorah (© AFP/Archives - Philippe Desmazes)
De nouvelles photographies satellite du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) ont permis de constater ce rétablissement des marais, considérés par certains comme l'emplacement du jardin biblique de l'Eden.

"L'amélioration de l'environnement et de l'habitat des personnes vivant là ne peut être qu'un développement positif pour aider à promouvoir la paix et la sécurité au moins dans cette partie de l'Irak", a déclaré à l'AFP Robert Bisset, chargé de communication au PNUE.

En 2004, le PNUE avait lancé ce projet de plusieurs millions de dollars, financé par le gouvernement japonais, pour restaurer l’environnement et permettre l’accès à l’eau potable des habitants de la région.

Environ 100.000 personnes sont revenues habiter la zone, et le projet a permis de fournir de l'eau potable à quelque 22.000 personnes, a précisé le PNUE.

Ces marais, alimentés par le Tigre et l'Euphrate, qui s'étendaient sur une superficie de 20.000 km2 dans les années 1970, avaient jadis une grande importance économique, politique et pour l'écosystème de toute la région.

Ils furent ensuite gravement endommagés par la construction de nouveaux barrages ,ainsi que par des opérations de drainage massif décidés par Saddam Hussein, pour combattre des milliers de chiites irakiens qui y avaient trouvé refuge après l'échec de leur soulèvement au début des années 1990.

En 2001, le PNUE avait alerté le monde par la diffusion d’images satellite révélant que 90% de ces zones humides, habitat d’espèces aussi rares et uniques que l’ibis sacré et le cormoran africain, ainsi qu’un lieu de reproduction pour les poissons du Golfe, avaient été détruits.

Le PNUE espère parvenir à une restauration complète des marais lors de la seconde phase du projet, qui vise à encourager la réinstallation d'Irakiens dans la zone.