Inquiétante évasion de cinq prisonniers

KENITRA Cinq prisoniers jugés "très dangereux"par la police, ce sont évadés. Ce n'est pas la grande évasion, mais le coup des cinq détenus de la prison centrale de Kénitra était bien préparé.

Il était 4 heures du matin, quand le chef de couloir a effectué sa ronde habituelle dans le premier étage. Une journée de fin de week-end plutôt tranquille et les gardiens n'ont rien remarqué d'étrange dans le comportement des détenus.

Les rondes étant effectuées d'heure en heure, à 5 heures du matin, le chef de couloir reprend sa routinière tournée et découvrira une cellule vide, et un grillage de fenêtre enfoncé. Et il donnera l'alerte.

En réalité, les cinq locataires de cette cellule avaient bien préparé leur projet. Ils avaient choisi pour commettre leur méfait, un dimanche, journée où les effectifs sont relativement allégés, même si le silence pouvait les trahir.

Selon une source proche de ce dossier, ils avaient limé le grillage de l'ouverture par laquelle ils ont pris la clé des champs. Et selon cette source, ils auraient effectué cette opération, pendant plusieurs heures, en s'arrêtant aux moments des rondes des matons.

La besogne a été vraisemblablement terminée entre 4 h et 5 h dans la nuit de dimanche à lundi, période pendant laquelle a eu lieu l'évasion, puisque les gardiens affirment les avoir vus à 16 heures.

Une fois la fenêtre ouverte, les cinq hommes se glissaient au pied du bâtiment. La chance a véritablement été de leur côté, puisqu'ils ont organisé leur coup au moment où un épais brouillard recouvrait toute la région.

Une fois arrivés dans la cour, ils se lancent dans le brouillard qui les absorbe et s'approchent du mur d'enceinte extérieure. Obstacle plutôt impressionnant, mais il ne résistera pas à la perspicacité des évadés qui avaient tout prévu. Ils disposaient d'une corde longue qu'ils avaient tressée à partir de fibres de sacs de toile très résistante. C'était pour eux un jeu d'enfant de lancer leur corde, par dessus le mur et de grimper à la queue leu-leu, pour disparaître dans la nature.

Dès que l'alerte a été donnée, des représentants locaux de la sûreté nationale et de la Gendarmerie Royale, le procureur général près la Cour d'appel, son collègue du tribunal de première instance et des responsables de la direction centrale de l'administration pénitentiaire au ministère de la Justice se sont rendus, lundi sur les lieux de l'évasion.

Les cinq évadés sont des criminels dangereux. Ils purgeaient de longues peines de prison. Trois d'entre eux étaient condamnés à 30 ans pour meurtre avec préméditation.

Les deux autres effectuaient une peine de 21 et 25 ans de prison pour constitution de gangs, vol et kidnapping.

L'enquête ouverte a permis de reconstituer les étapes de l'évasion. Les enquêteurs ont notamment mis la main sur la corde qui a permis aux évadés de passer par dessus le mur d'enceinte de la prison centrale. Ils ont constaté les traces de coupures à l'aide de limes sur les restes de la grille de la fenêtre.

Mais pour le moment, les investigations n'ont pas encore permis de déterminer comment des prisonniers de cet acabit ont pu mettre la main sur des limes et préparer leur évasion sans que personne se rende compte de cette évasion.

Parallèlement à l'enquête et probablement plus que cette dernière, la mobilisation bat son plein pour retrouver les cinq fuyards. La chasse à l'homme entamée dès le début de l'alerte, se poursuivait avec la mobilisation des brigades du voisinage de Kénitra, telles que Rabat et Salé.