Igloofest, de la techno à ciel ouvert par moins 20° à Montréal

MONTREAL (AFP) - Au rythme de la techno, les stroboscopes font étinceler de lourds flocons de neige tombant sur une foule de danseurs vêtus comme pour le ski: en dépit d'un froid vif, la 5e édition d'Igloofest est en plein swing au Vieux Port de Montréal.

Igloofest 2011 à Montréal (© )
"Le froid, ça chauffe", s'exclame une jeune fille essoufflée en bonnet et lunettes de ski en se laissant choir sur un fauteuil-sac enneigé, abrité du vent par une sorte de demi-igloo faisant face à un brasero.

"C'est le fun!", ajoute-t-elle.

"Les Montréalais adorent se cailler et ils ont une nature assez festive", explique Nicolas Cournoyer, l'un des quatre fondateurs de l'événement et directeur des opérations.

"Se retrouver par moins vingt à danser sous la neige avec des mitaines, c'est ce qui a attiré les gens, le fait d'être en masse, en groupe, dans le froid. Le mois de janvier peut être très brutal parfois et une solidarité s'installe entre les gens", poursuit-il.

L'affluence de jeunes lui donne raison. Il y a cinq ans, quand il a tenté pour la première fois de transposer en hiver des fêtes organisées en été, le début a été assez modeste: deux mille personnes sur un week-end.

Mais quand même assez prometteur pour passer à deux week-ends l'année suivante.

"Depuis deux ans, nous sommes là pendant trois week-ends de trois jours : jeudi-vendredi-samedi", dit Cournoyer.

L'année dernière 45 000 personnes étaient venues danser sur des musiques créées par des DJ vedettes internationales, au milieu d'écrans géants explosant de lumières composées par des VJ tout aussi réputés.

"On a des conditions qui sont rares, avec des blocs de glace partout, il neige!", se réjouit le DJ dEbruit, Xavier Thomas - Breton - pour l'état civil, venu de France pour l'occasion.

Un visiteur sur quatre n'habite pas dans la région montréalaise. Igloofest attire de plus en plus d'Américains venant du nord des Etats-Unis et même des Européens franchissent l'Atlantique, profitant de forfaits de groupe.

Certes, une discothèque hivernale au Québec présente des risques météorologiques. Le climat canadien connaît des retournements brusques auxquels il faut s'adapter, des journées sibériennes à - 30 degrés, mais aussi des coups de dégel à +10 où tout fond à vue d'oeil et il faut réaménager le "village". C'est ce qui fait monter les coûts de production, reconnaît Cournoyer, qui situe le chiffre d'affaires d'Igloofest à "pas loin d'un million de dollars".

L'événement est soutenu par plusieurs marques de boissons énergisantes, de bières, voire de breuvages nettement plus caloriques, servis sur des comptoirs de glace, et il faut avoir plus de 18 ans pour acheter un ticket d'entrée au prix de douze dollars.

Igloofest, c'est aussi un peu Halloween sous la neige: nombreux jeunes se déguisent - qui en ours en peluche, qui en élégante du XIXe siècle avec boa et chapeau à fleurs, qui en skieur des années 1980 en tenue fluo rose bonbon - et se font photographier en prenant des poses drôles ou provocatrices. Les meilleures photos sont projetées sur des écrans, les spectateurs votent... et le vainqueur gagne une semaine de ski à deux, tous frais payés.