Grenelle de l'Environnement: les Verts tirent un bilan très critique

TOULOUSE (AFP) - "Trahison", opération de "communication", "mascarade": dix mois après, les Verts tirent, lors des Journées d'été de leur parti à Toulouse, un bilan très critique du Grenelle de l'environnement, la "révolution verte" promise par le gouvernement.

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, le 21 août 2008, avant l'ouverture des Journées d'été des Verts (© AFP - Pascal Pavani)
Le Grenelle avait été ressenti par beaucoup de Verts comme un "nouveau péril dans la maison écolo", dans une société où les enjeux écologiques sont désormais affichés comme centraux par les partis "classiques".

Alors que sont annoncés à la rentrée l'extension du bonus-malus écologique à d'autres secteurs que l'automobile, et le vote au Parlement des lois sur le Grenelle, un forum intitulé "bilan, manquements et perspectives", avec le porte-parole de Verts Jean-Louis Roumégas et la sénatrice Marie-Christine Blandin, a réuni jeudi quelque 200 personnes sur le Grenelle de l'environnement.

Les Verts "n'ont pas boudé le processus. On a créé un comité de suivi pour accompagner le travail des associations", affirme M. Roumégas évoquant le livre blanc qui restera comme "acquis de la société civile".

"En revanche, la politique gouvernementale n'a absolument pas été modifiée par le processus du Grenelle", juge-t-il, citant pour exemples l'absence de gel de projet autoroutier, de développement du ferroutage et du ferroviaire.

A la direction des Verts, on juge "positif de réunir des gens qui n'avaient pas l'habitude de travailler ensemble, mais les réunir pour leur faire croire qu'on allait prendre des décisions, alors c'est pire que tout".

Autre manquement que pointent les Verts: la traduction législative des conclusions du Grenelle.

Marie-Christine Blandin, qui avait été co-présidente de l'atelier biodiversité du Grenelle, parle d'un "violent retour de flamme parlementaire", avec le débat sur la loi OGM, avec un texte final "navrant, copié collé de la volonté des semenciers".

Mickaël Marie, proche de la sénatrice Dominique Voynet, ancien ministre, parle, lui, de "première trahison à grand spectacle".

Pour le député François de Rugy, "la loi, ce n'est que des objectifs car Borloo entretient la flamme de la communication. Les gens qui ont participé au Grenelle sont énervés, se sentent un peu trahis et ils se rapprochent de nous, ce n'est pas un hasard", alors qu'un projet de rassemblement de la galaxie écologiste est discuté lors de ces Journées.

"Certains Verts nous disent +il ne fallait pas y participer+. Au contraire, on est crédible pour dénoncer cette mascarade parce qu'on a joué le jeu", juge ce député.

Pour Jean-Louis Roumégas, le Grenelle aura également un avantage: "la réhabilitation des écologistes dans le politique, de montrer qu'on a à tout prix besoin d'écologistes dans la sphère politique".

Vendredi, les Verts consacrent deux plénières aux "deux crises ignorées" par ces travaux: la crise alimentaire et la raréfaction des matières premières.