Géorgie: l'ex-ministre Okrouachvili obtient l'asile politique en France
PARIS (AFP) - L'ancien ministre géorgien de la Défense, Irakli Okrouachvili, passé dans l'opposition et condamné fin mars dans son pays notamment pour corruption passive, a obtenu l'asile politique en France, a-t-on appris mercredi auprès de ses avocats en France.
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| le 14 janvier 2004 à Tbilissi (© AFP/Archives - Str) |
"L'Ofpra a été sensible aux arguments avancés par M. Okrouachvili qui risquait de voir son sort s'aggraver, en raison de son opposition au président géorgien Mikheïl Saakachvili, en cas d'extradition dans son pays", a indiqué à l'AFP un de ses avocats, Me Louis-Marie de Roux.
"Le fait que l'asile politique soit accordé à M. Okrouachvili ne met pas pour autant fin à la demande d'extradition formulée par la Géorgie mais ce statut de réfugié politique va indéniablement peser lorsque cette demande sera examinée (par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris) le 4 juin", a expliqué Me de Roux. "La chambre de l'instruction est indépendante mais c'est évident que quand quelqu'un est reconnu réfugié, ça veut dire que l'aspect politique a été reconnu" et qu'il y a "des craintes du fait de son engagement politique dans son pays", a jugé une autre avocate de M. Okrouachvili, Me Christine Martineau.
Ancien personnage clé du gouvernement géorgien pro-occidental, M. Okrouachvili avait été arrêté en Géorgie fin septembre après avoir accusé le président d'avoir ordonné le meurtre de personnalités. Il avait été relâché sous caution et après des excuses, à la suite d'importantes manifestations.
Poursuivi ensuite pour avoir ordonné, selon Tbilissi, l'achat de kérosène à un prix surévalué auprès d'une entreprise dirigée par un ami alors qu'il était ministre, il avait quitté la Géorgie et gagné l'Allemagne. Arrêté là-bas en vertu d'un mandat d'arrêt international, il a été remis à la France qui lui avait donné un visa pour quitter son pays. Il est actuellement en liberté sous contrôle judiciaire.
