La France prend la présidence de l'Union européenne dans un climat de doute
PARIS (AFP) - La France a pris lundi à minuit la présidence de l'Union européenne pour six mois, dans un climat de doute avec la crise ouverte par le rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais.
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| Passage symbolique du baton de la présidence de l'UE entre les ministres slovène et français, Dimitrij et Bernard Kouchner, des Affaires étrangères le 1er juillet 2008 devant la Tour Eiffel (© AFP - Stephane de Sakutin) |
Pour marquer l'occasion, la Tour Eiffel a été illuminée de bleu et ornée des douze étoiles dorées du drapeau européen.
"Il faut changer profondément notre façon de faire l'Europe", qui "inquiète" les citoyens européens, avait déclaré le président Nicolas Sarkozy lundi soir sur la chaîne de télévision publique France 3, à quelques heures du lancement de cette présidence. M. Sarkozy avait fait valoir qu'"on attendait de l'Europe qu'elle protège les Européens contre les risques que fait peser la mondialisation, et c'est là que ça ne marche pas".
Evoquant le référendum négatif irlandais, il avait déclaré "qu'on n'a pas trop de temps" pour trouver une solution avant "la limite" que constituent pour lui les élections européennes de juin 2009.
Le président français avait également lancé une nouvelle charge contre la politique de l'euro fort de la Banque centrale européenne, en estimant que la BCE "devrait se poser la question de la croissance" et "pas simplement de l'inflation".
La France a fixé quatre priorités à sa présidence: adoption d'une série de mesures en matière de climat et d'énergie, pacte européen pour l'immigration, relance de l'Europe de la défense et agriculture. Paris espère que des avancées concrètes sur ces sujets permettront de relancer la confiance des citoyens dans l'Europe.
La première journée de cette présidence sera dominée par une visite à Paris des membres de la Commission européenne, présidée par José Manuel Barroso, qui seront reçus à déjeuner par le Premier ministre François Fillon et à dîner par M. Sarkozy. Le président Sarkozy doit par ailleurs se rendre le 10 juillet à Strasbourg pour exposer ses vues devant le Parlement européen, avant d'aller le 11 à Dublin pour parler des suites du référendum.
Autre temps fort de ce début de présidence française, la tenue le 13 juillet d'un sommet pour lancer le projet d'Union pour la Méditerranée (UPM), où sont invités les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE et ceux des pays de la rive méridionale du bassin méditerranéen.
