En France, une ouverture limitée par le poids d'EDF/GDF et les tarifs
PARIS (AFP) - L'ouverture des marchés de l'énergie sera limitée en France par le poids des opérateurs historiques EDF et GDF, qui certes abandonneront pour les particuliers leurs monopoles exercés depuis 1946 mais contrôleront toujours le marché grâce à des prix réglementés attractifs.
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| Logo d'EDF au siège du groupe à Paris (© AFP/Archives - Stéphane de Sakutin) |
En France, les particuliers pourront choisir leur fournisseur de gaz et d'électricité soit en restant aux tarifs réglementés, fixés par les pouvoirs publics et uniquement délivrés par EDF et Gaz de France, soit en y renonçant et en choisissant une des offres de marché, proposées par plusieurs fournisseurs (Poweo, Direct Energie, etc), mais aussi par EDF et GDF.
Etant donné que ces prix administrés sont plus bas que ceux du marché, les 25 millions de clients particuliers d'EDF et les 11 millions de clients de GDF ne devraient pas changer de fournisseur du jour au lendemain.
"Ca prendra du temps", reconnaît le directeur commercial de GDF, Henri Ducré. Moins de 300 clients particuliers d'EDF devraient basculer vers le fournisseur alternatif d'électricité Poweo au 1er juillet, selon ce dernier.
Au bout de trois ans, les entreprises sont elles aussi encore peu nombreuses à avoir franchi le pas. Moins de 20% des sites professionnels avaient choisi début avril le marché libre, selon la Commission de régulation de l'énergie (CRE).
"Les tarifs réglementés sont bas, les gros opérateurs sont bons. Les facteurs de changement viendront progressivement des concurrents qui offriront de nouveaux services ou feront des offres spécifiques" comme l'électricité verte, explique Colette Lewiner, du groupe de conseil Capgemini.
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| Logo de Gaz de France (© AFP/Archives - Mehdi Fedouach) |
Selon Capgemini, la qualité de service est en outre "plébiscitée" par les clients d'EDF et GDF.
EDF dispose surtout d'un parc nucléaire qui lui permet d'avoir des coûts de production d'électricité peu élevés, qui se reflètent dans des tarifs réglementés nettement inférieurs aux prix de marché.
Syndicats et associations de consommateurs, qui craignent une flambée des prix, ont conseillé aux consommateurs de rester aux tarifs réglementés.
L'association CLCV rappelle que les factures des PME qui avaient choisi les prix du marché ont parfois grimpé de 60%, ce qui avait conduit les parlementaires à adopter un dispositif permettant aux entreprises de revenir, pendant deux ans, à un tarif transitoire d'électricité.
Selon UFC-Que Choisir, les offres inférieures aux tarifs réglementés auront pour objectif de "capter de nouveaux clients" mais n'auront "aucune chance de perdurer".
Reste à savoir si ce monopole de fait perdurera. Les services de la concurrence de la Commission européenne ont déjà ouvert une enquête sur les tarifs réglementés de l'électricité en France, craignant que ce système ne s'apparente à des subventions publiques aux fournisseurs.
Outre les prix, EDF et GDF garderont le monopole de l'acheminement du gaz et de l'électricité par les petites lignes, même si leurs activités de distribution et de commercialisation seront séparées.
Cela pourrait par ailleurs constituer un "facteur de confusion" pour les clients, qui devront par exemple s'adresser au fournisseur pour un problème de facture, et au distributeur en cas de coupure liée à une intempérie, souligne Mme Lewiner.

