La famille Maeght, intime de Miro, Calder et Giacometti, honorée à Londres
LONDRES (AFP) - Joan Miro, Alexandre Calder, Alberto Giacometti ou encore Georges Braque, la Royal Academy de Londres présente à partir de samedi des oeuvres intimes dévoilées parfois pour la première fois au public, en guise d'hommage à la famille Maeght.
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| "L'homme qui marche" de Giacometti exposé à la Royal Academy de Londres le 30 septembre 2008 (© AFP - Shaun Curry) |
"Il y a ici beaucoup de choses très intimes, très chères à la famille", a expliqué mardi Isabelle, 53 ans, une petite-fille des époux Maeght, venue à Londres avec son père Adrien pour la présentation de l'exposition à la presse.
Un attachement qui explique sans doute pourquoi la plupart des oeuvres n'ont jamais été présentées au public.
Il s'agit de "propriétés personnelles" des héritiers du couple, a relevé Ann Dumas, commissaire de l'exposition, indiquant que de nombreuses créations n'avaient même jamais fait le chemin de la Fondation Maeght créée en 1964 par Aimé et Marguerite dans le petit village de Saint Paul de Vence, sur les hauteurs de Nice (sud de la France).
L'exposition ouvre avec des oeuvres de Pierre Bonnard et Henri Matisse qui vivaient dans le sud de la France pendant la Seconde guerre mondiale où ils se sont liés d'amitié avec Maeght, au point d'être "les mentors de sa collection", a relevé Ann Dumas.
"Pour mon frère, ma soeur et moi-même, Braque était comme un autre grand-père", a confié Isabelle, tout en se promenant dans une petite salle contenant des oeuvres, assez sombres, de la fin de la carrière du peintre décédé en 1963 ainsi que de sylphides sculptures de Giacometti disparu en 1966.
Un contraste saisissant avec la pièce voisine qui déborde de couleurs, d'exubérance et de joie de vivre grâce aux oeuvres du Catalan Miro et de l'Américain Calder.
"Ces deux-là, Miro et Calder, étaient très différents mais ils avaient la même âme, ils portaient le même regard sur l'art moderne", a relevé Isabelle, montrant un magnifique dessin envoyé par Miro à son père, Adrien, après la mort de Calder.
A la fin de la guerre, ce sont Bonnard et Matisse qui ont poussé Maeght à ouvrir une galerie d'art à Paris. Lancée en 1945, elle a gagné très rapidement en influence avec des expositions comme celle de 1947 sur le surréalisme mettant en vedette André Breton et Marcel Duchamp.
La Royal Academy présente également un mobile de Calder offert en cadeau de mariage, un tableau de Matisse comme soutien face à un drame familial ainsi que des oeuvres plus connues comme "La Femme debout I" (1960) et "L'Homme qui marche I" (1960) de Giacometti.
C'est également l'occasion de découvrir des travaux de la famille Maeght, passionnée d'édition et d'imprimerie, comme un exemplaire de la revue réalisée par Aimé, "Derrière le miroir". Ou encore l'occasion de feuilleter du regard "Fêtes", ouvrage de Jacques Prévert, illustré par Calder et imprimé par Arte, imprimerie fondée par Maeght en 1964.
L'exposition présente des oeuvres plus intimes comme un film tourné par Adrien Maeght, alors âgé de 14 ans, où l'on aperçoit Matisse peignant le portrait de Marguerite Maeght.
"C'est un film familial, on sent qu'ils sont heureux et que ma grand-mère ne pose pas devant un artiste, mais devant un ami", a relevé Jules Maeght, fils d'Adrien.
