Euro-2008 - France: bleus à l'âme et corps meurtris
PARIS (AFP) - La saison 2007-2008 a été particulièrement mouvementée et difficile pour de nombreux hommes de base de l'équipe de France, guère épargnés par les blessures, les baisses de régime ou des adaptations délicates à leurs nouveaux clubs.
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| Thierry Henry à Clairefontaine (© AFP/archives - Franck Fife) |
Entre la longue blessure au genou gauche de Coupet qui l'a éloigné des terrains durant près de cinq mois et les bourdes de ses remplaçants, Mickaël Landreau et Sébastien Frey, les gardiens bleus n'ont pas été à la fête au cours de la saison, soulevant des interrogations au sujet de la hiérarchie pour l'Euro. Le Parisien est apparu le plus fragile avec deux fautes de main contre l'Ecosse (défaite 1-0) et le Maroc (2-2) et des erreurs encore plus grossières sous le maillot du Paris SG. Frey a, lui, gâché sa première sélection en équipe de France en expédiant une tête anodine de Shevchenko dans ses propres buts, le 21 novembre en Ukraine (2-2). Si Coupet a retrouvé un niveau convenable, les méformes de ses doublures ont lancé dans la course la grande révélation de la L1: Steve Mandanda.
DEFENSEURS
Rien n'a été épargné cette saison au quatuor de base de la défense française mais ce sont surtout les deux membres de la charnière centrale, Gallas et Thuram, qui ont été les éléments les plus chahutés. Le Gunner a été la cible des critiques pour ses contre-performances en fin de saison alors que le joueur du FC Barcelone, barré par Puyol, Milito et Marquez, a le plus souvent goûté au banc de touche. Mais sur les côtés, le tableau n'est guère plus réjouissant pour le sélectionneur Raymond Domenech. Sagnol a également passé plus de la moitié du championnat d'Allemagne sur le flanc, perturbé par des blessures (genou droit, hernie discale), avant d'entrer en conflit avec son entraîneur au Bayern Munich, Ottmar Hitzfeld. Quant à Abidal, sa première année au Barça n'a pas été flamboyante, à l'image d'une formation catalane qui a raté tous ses objectifs et a affiché un zéro pointé pour la deuxième saison d'affilée. Pendant ce temps, la cote d'Evra, champion d'Angleterre et finaliste de la Ligue des champions (le 21 mai contre Chelsea) avec Manchester United, remonte en flèche.
MILIEUX DE TERRAIN
Patrick Vieira est certainement le joueur qui a suscité les plus fortes inquiétudes avant sa récente renaissance. De la mi-août à la mi-janvier, Vieira a été dans l'incapacité physique de jouer en raison de blessures diverses, ne sortant de sa pénitence que lors des trois premiers matches de la saison des Bleus (Slovaquie, Italie, Ecosse). Mais le +grand Pat+ semble vouloir refaire le coup du Mondial-2006 où il avait été impressionnant après avoir touché le fond physiquement et techniquement au cours des matches de préparation. Depuis début mars, il est redevenu l'un des hommes forts de l'Inter Milan.
Après des débuts plutôt réussis à Chelsea, Florent Malouda a été la victime du remplacement de Jose Mourinho par Avram Grant. Pas de blessures ni de baisse de régime à invoquer pour l'ancien Lyonnais mais surtout une incompatibilité tactique qui a réduit singulièrement son temps de jeu. En équipe de France où personne n'a émergé comme une alternative crédible sur son côté gauche, le sélectionneur lui a toutefois toujours maintenu sa confiance.
ATTAQUANTS
Pour un joueur cantonné sur le côté gauche, les statistiques de Thierry Henry avec le FC Barcelone (18 buts, toutes compétitions confondues) sont loin d'être déshonorantes. Mais la saison de "Titi" laisse tout de même un sentiment d'inachevé. Le Français n'a jamais trouvé sa place au sein d'une formation qui, par tradition, a toujours privilégié le jeu sur les ailes et les dribbles et les arabesques de techniciens comme Ronaldinho, Messi, Eto'o ou Bojan. Son adaptation à la vie catalane a également été contrariée par l'éloignement de sa fille. En bleu en revanche, Henry, meilleur buteur français des éliminatoires (6 buts) et nouveau détenteur du record de buts en sélection (44), reste irremplaçable.
