Espagne: enquête judiciaire sur des morts par infection nosocomiale à Madrid

MADRID (AFP) - Une enquête préliminaire a été ouverte par la justice pour "éclaircir" les faits relatifs à une infection nosocomiale qui aurait infecté 252 patients et causé la mort de 18 personnes dans un important hôpital de Madrid, entre 2006 et 2007, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Des infirmières déplacent un malade alité (© AFP/archives - Alain Julien)
Le parquet a décidé d'ouvrir une "information préliminaire pour éclaircir toutes les données relatives" à une infection causée par une bactérie très résistante aux antibiotiques, Acinetobacter baumannii multirésistante (ABMR), ayant affecté des patients en 2006 et 2007 à l'hôpital universitaire de Madrid "12 de Octubre".

Le parquet espagnol a demandé en particulier à cet hôpital "un rapport complet sur tous les patients infectés (par la bactérie, ndlr) depuis 2006".

Le journal El Pais avait annoncé dans son édition dimanche, en s'appuyant sur plusieurs sources médicales, que 252 patients avaient été contaminés par cette bactérie, dans le centre hospitalier madrilène, entre février 2006 et septembre 2007.

Parmi eux, 18 seraient directement morts à cause de la bactérie et dans 83 autres cas, l'infection nosocomiale aurait "contribué à la mort" mais sans en être "le facteur déterminant", selon le journal.

Le directeur de l'hôpital, Joaquin Martinez avait nié dimanche, lors d'une conférence de presse, que ces 18 décès soient directement liés à la bactérie, expliquant qu'elle ne provoquait "pas la mort par elle-même".

Les patients dans un état critique "meurent de leur maladie, accompagnée exceptionnellement d'une contamination par l'Acinetobacter baumannii multirésistante ou d'autres types de micro-organismes, car ils sont plus vulnérables", avait précisé le chef de l'unité de médecine préventive du 12 de Octubre, José Ramon de Juanes, lors de la même conférence de presse.

Acinetobacter baumanii est une bactérie responsable d'infections nosocomiales (ndlr: contractées lors de soins), notamment de pneumonies en réanimation, essentiellement chez des personnes fragilisées.

Elle se transmet à partir d'une souche commune ou bien de patient à patient. Elle avait entraîné en 2003 la mort d'une vingtaine de patients dans divers hôpitaux du nord de la France.