Enquête du parquet de Paris sur la gestion du musée du Sénat

PARIS (AFP) - Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire à la suite d'une plainte déposée fin 2008 par une ancienne programmatrice du musée du Sénat qui dénonce les conditions de financement des expositions, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Exposition Le Titien en 2006-2007 au Musée du Luxembourg (© AFP/Archives - Mehdi Fedouach)
Cette enquête, confiée à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA), a été ouverte à la suite d'une plainte déposée le 6 décembre par Patrizia Nitti, limogée en 2008 de son poste de programmatrice de certaines expositions au musée du Sénat, selon cette source, confirmant une information du site Médiapart.

Mme Nitti dénonce le système de financement mis en oeuvre, selon elle, au musée du Sénat: la société organisatrice, SVO, finance l'organisation des expositions et verse une redevance au Sénat. En contrepartie, cette société se rémunère sur les entrées.

Selon Mme Nitti, le succès rencontré par certaines manifestations, comme "Titien: le pouvoir en face", n'a pas eu les répercussions financières espérées au profit du musée et a même abouti à une perte.

Mme Nitti avait déjà assigné la société SVO devant le tribunal de commerce pour expertiser les comptes de l'exposition consacrée à Titien.

"Ma cliente ne comprend pas, ne tolère pas, n'accepte pas qu'avec 320.000 entrées, c'est-à-dire une ville comme Strasbourg, il y ait 900 euros de pertes pour elle alors que dans le même temps son associé a encaissé des sommes importantes", avait expliqué le 10 juillet 2008 l'avocat de Mme Nitti, Me Jean-Jacques Neuer.

Dans un communiqué transmis à l'AFP et à Mediapart, le patron de SVO Sylvestre Verger a indiqué qu'il était "inexact" que Mme Nitti ait été limogée. "Je l'avais nommée directrice des projets Renaissance du Musée, avec l'aval du Sénat, pour une période venant à échéance le 31 décembre 2008. Cette nomination n'a pas été renouvelée", indique M. Verger.

Selon SVO, "Patrizia Nitti dirige une société privée concurrente de SVO Musée du Luxembourg" et les attaques portées "sont en réalité l'oeuvre de concurrents directs" de SVO.