Enquête ministérielle sur un passage à tabac par la police tunisienne

TUNIS (AFP) - L'information était inimaginable il y a encore dix jours: le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé dimanche soir l'ouverture d'une enquête visant des policiers accusés par un jeune de l'avoir passé à tabac.

Un Tunisien face à des forces de l'ordre le 18 janvier 2011 à Tunis (© - Fred Dufour)
L'information est donnée par la - jusque récemment - très officielle agence TAP et rompt avec l'impunité dont jouissaient les policiers sous le régime du président Zine El Abidine Ben Ali, contraint à la fuite en Arabie Saoudite le 14 janvier par la "révolution du jasmin".

Le ministère de l'Intérieur "a autorisé les services concernés à ouvrir une enquête après les accusations formulées par un citoyen qui affirme avoir été agressé par des agents des forces de l'ordre", selon la TAP.

La victime, un jeune, avait témoigné sur l'antenne de la télévision nationale avoir été passé à tabac le 20 janvier par des policiers lui reprochant d'avoir diffusé des informations sur le réseau social Facebook, qui a joué un rôle d'information crucial en Tunisie pendant le mois de soulèvement populaire.

L'information est si surprenante qu'elle fait l'objet d'un communiqué spécifique du ministère, diffusé par TAP.

Les policiers sont aujourd'hui souvent détestés par la population qui leur reproche d'avoir constitué un des piliers du régime de Ben Ali et d'avoir réprimé dans le sang la révolte qui a fait au moins 100 morts selon l'ONU.

Ils se sont toutefois joints ce week-end aux manifestants à Tunis en partie pour se faire pardonner par la population.