Le directeur de la rédaction du Wall Street Journal démissionne

NEW YORK (AFP) - Le directeur de la rédaction du Wall Street Journal (WSJ), Marcus Brauchli, a démissionné, a annoncé mardi l'éditeur du quotidien, la société Dow Jones (groupe News Corp.).

Façade des bureaux du Wall Street Journal à New York, le 31 juillet 2007 (© AFP/Getty Images/Archives - Mario Tama)
Sa démission intervient quatre mois après la prise en main du quotidien économique américain par son nouveau propriétaire, le magnat de la presse Rupert Murdoch, qui lui a depuis fait prendre un grand virage vers l'information généraliste.

M. Brauchli restera consultant du groupe News Corp., précise le groupe, qui indique qu'il "commence à rechercher un remplaçant immédiatement".

Dans une lettre ouverte à la rédaction, M. Brauchli explique que, "maintenant que la transition de propriété du Wall Street Journal était achevée, (il en était) venu à penser que les nouveaux propriétaires devaient avoir un directeur de la rédaction qu'ils ont choisi".

Il souligne que le journal "a choisi la voie de la transformation" mais prend la défense de News Corp. et de Rupert Murdoch, assurant que "depuis le rachat en décembre, la nouvelle direction a scrupuleusement évité d'imposer aucun point de vue politique ou économique" sur la couverture.

Elle a "appliqué rigoureusement le code de conduite" défini lors du rachat et "je suis confiant que notre intégrité journalistique reste intacte", ajoute-t-il.

Entré chez Dow Jones en 1984, Marcus Brauchli, 46 ans, avait pris la tête de la rédaction du Wall Street Journal en mai 2007, quelques semaines à peine après le lancement de l'offre d'achat de News Corp. sur Dow Jones.

M. Brauchli, apprécié de la rédaction, était considéré comme un gardien de la crédibilité du journal sous le nouveau règne Murdoch.

News Corp., le plus grand empire de presse du monde, connu pour ses titres populaires, avait racheté Dow Jones pour environ 5 milliards de dollars, après un long et difficile bras de fer avec la famille des fondateurs, les Bancroft.

Quand il avait finalisé le rachat mi-décembre, Rupert Murdoch avait aussitôt nommé à la tête du WSJ un nouveau directeur de la publication, Robert Thomson, ancien directeur de la rédaction de l'édition américaine du Financial Times.

Il remplaçait Richard Zannino, qui tenait les commandes quand le journal appartenait encore aux Bancroft.

C'était le premier signe du changement de direction du Wall Street Journal, deuxième quotidien le plus lu aux Etats-Unis derrière USA Today, avec 2 millions d'exemplaires, et jusqu'ici axé sur l'économie et la finance, au point de devenir la référence à Wall Street.

Depuis son arrivée, Rupert Murdoch a considérablement développé les informations non économiques, comme la politique, le sport ou les loisirs, pour élargir son lectorat au-delà des milieux d'affaires et directement concurrencer le New York Times, son grand rival sur la côte Est des Etats-Unis.

Une nouvelle version du WSJ, avec des pages généralistes renforcées, et reléguant l'information économique dans un second cahier intérieur, est d'ailleurs sortie cette semaine.