Derrière Nicolas Sarkozy, Fillon se voit en ""coordinateur""

PARIS (REUTERS) - Le Premier ministre François Fillon a déclaré mercredi qu'il assumait l'effacement de son rôle constitutionnel théorique de conduite de la politique gouvernementale au profit de Nicolas Sarkozy, avec lequel il se dit complice.

""Je considère que le rôle du Premier ministre c'est d'assurer la coordination de l'équipe gouvernementale, (...) c'est au fond de faire en sorte que la machine gouvernementale soit opérationnelle et puisse réagir sans délai aux impulsions du président de la République"", a-t-il dit sur Europe 1.

Le chef du gouvernement est critiqué par l'opposition pour son effacement derrière le chef de l'Etat, qui prend l'initiative des annonces sur les sujets les plus spécialisés, comme mardi en Bretagne dans le dossier du conflit engagé par les marins-pêcheurs.

Le Premier ministre s'était lui-même ému du terme de ""collaborateur"" utilisé à son encontre par Nicolas Sarkozy.

François Fillon a fait état d'une ""complicité totale"" entre lui-même et le président. ""On parle tous les jours, on réfléchit tous les jours, on forme une équipe qui est extrêmement soudée. On partage tout"", a-t-il assuré.

""J'ai pas du tout le sentiment de me sacrifier, j'exerce (mes fonctions-NDLR) en plein accord avec Nicolas Sarkozy dans un équilibre des pouvoirs qui respecte la prééminence du président de la République, point à la ligne"", a-t-il ajouté.

Pour lui, l'esprit des institutions est respecté, même si l'article 20 de la Constitution stipule que ""le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation"".

La pratique de Nicolas Sarkozy résulte d'une lecture de la Constitution ""honnête, et transparente"", juge le chef du gouvernement.