Départs sur fonds de divergences avec la direction à la tête d'Enjeux
PARIS (AFP) - Le directeur de la rédaction du mensuel Enjeux-Les Echos, François Lenglet, et sa rédactrice en chef, Marie-Paule Virard, vont quitter leurs fonctions sur fonds de divergences avec la nouvelle direction du groupe, a indiqué lundi M. Lenglet à l'AFP.
![]() |
| Le directeur de la rédaction du mensuel Enjeux-Les Echos, François Lenglet, le 18 octobre 2003 à Lyon (© AFP/Archives - Jean-Pierre Muller) |
"Nous avons proposé un projet (de nouvelle formule, ndlr) sur lequel nous n'avons pas eu de réponse, pour finalement apprendre qu'il ne convenait pas, le tout dans un climat de défiance", a expliqué M. Lenglet, qui dirigeait la rédaction d'Enjeux depuis sept ans et demi.
Le groupe Les Echos, racheté en décembre par le géant du luxe LVMH, est depuis présidé par l'ancien directeur de la rédaction du Figaro, Nicolas Beytout.
"Enjeux-Les Echos perd de l'argent et sa diffusion est en baisse. Il était donc urgent de remettre les choses à plat" et une mission a été confiée à cet effet à M. Lenglet, a expliqué M. Beytout à l'AFP.
"Celui-ci a engagé une réflexion qui ne posait pas toutes les questions qu'il faut se poser à propos d'Enjeux, en particulier en ce qui concerne la baisse des ventes", a-t-il ajouté, assurant : "le titre continue et on va tout faire pour sortir dans les délais prévus une nouvelle formule d'Enjeux".
M. Beytout a déclaré "regretter" cette décision, ajoutant : "c'est leur libre arbitre, en même temps je ne pense pas qu'ils se sont posés toutes les questions sur les moyens de redresser ce titre".
Dans un communiqué, les syndicats et la société des journalistes (SDJ) du groupe Les Echos, "déplorent ces départs" qui surviennent deux mois après celui du directeur de la rédaction du quotidien Les Echos, Erik Izraelewicz.
Ils "comptent bien que dans les deux cas la procédure de désignation des futurs directeurs de rédaction respecte strictement les accords d'indépendance signés". Ces accords prévoient notamment l'accord d'administrateurs indépendants au conseil de surveillance, qui n'ont pas encore été nommés et un droit de veto des rédactions.
Ils "s'inquiètent" en outre du "profond malaise actuellement ressenti par les salariés du groupe", expliquant qu'ils vont demander la convocation d'un comité d'entreprise extraordinaire.
"Tant que nous n'avons pas mis en place formellement les nouveaux éléments de la gouvernance et par conséquence tant qu'il reste une inconnue sur qui sera le directeur de la rédaction des Echos, inévitablement il y a une forme de malaise", a estimé M. Beytout.
Le Pdg des Echos a indiqué que le groupe devrait être en mesure de communiquer "dès cette semaine" le nom des aministrateurs indépendants.
