La Croatie a pour la première fois une femme comme Premier ministre
ZAGREB (AFP) - Le président croate Stipe Mesic a désigné vendredi la conservatrice Jadranka Kosor au poste de Premier ministre, une première dans le pays, trois jours après à la démission surprise de l'ex-chef du gouvernement Ivo Sanader.
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| Mme Jadranka Kosor (G) à Zagreb le 25 mai 2009 (© AFP - Marin Sever) |
"J'attends du nouveau gouvernement la poursuite claire et ferme d'une politique pro-européenne", a-t-il ajouté.
"La Croatie doit poursuivre les réformes déjà en cours, doit continuer à lutter contre la corruption et le crime organisé et doit poursuivre sa coopération entière avec le Tribunal pénal international" (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, a affirmé M. Mesic.
Evoquant la situation dans le pays, gravement affecté par la crise économique internationale, le président a dit souhaiter voir la Croatie disposer "aussi rapidement que possible d'un gouvernement qui s'attachera à lutter contre les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui".
L'économie croate a connu une contraction de 6,7% au premier trimestre de 2009 par rapport à la même période de l'année précédente, le pire résultat enregistré depuis l'an 2000. Sur l'ensemble de l'année, le PIB croate pourrait enregistrer une chute de 4% voire plus, selon la Banque centrale.
La dette extérieure s'élevait à la fin 2008 à 39 milliards d'euros (Etat, entreprises, banques), soit à 94% du PIB.
"Je crois que le gouvernement sera confirmé au parlement lundi", a dit pour sa part Mme Kosor, 56 ans.
Parmi ses priorités, elle a mentionné une révision budgétaire à la mi-juillet et a fait part de sa volonté de "trouver les moyens de renforcer l'économie et de poursuivre les réformes".
"Probablement la tâche la plus importante du gouvernement sera de trouver une sortie de la crise concernant le blocage de l'entrée de la Croatie dans l'Union européenne", a-t-elle fait valoir, ne dissimulant pas son optimisme de voir cette impasse surmontée durant l'actuelle présidence suédoise de l'UE.
Mercredi, le charismatique leader du parti de la Communauté démocratique croate (HDZ), Ivo Sanader, a annoncé d'une manière inattendue qu'il quittait la vie politique, démissionnant de ses fonctions de Premier ministre et de chef du HDZ.
Il a entre autres affirmé que le blocage des négociations croates d'adhésion à l'UE avait contribué à sa décision.
Ouverts en 2005, ces pourparlers sont bloqués depuis décembre par la Slovénie en raison d'un différend frontalier bilatéral.
Plusieurs tentatives de Bruxelles pour aider à sortir de l'impasse ont échoué et aucune solution n'est en vue alors que Zagreb et la Commission européenne comptaient achever l'aspect technique des négociations à la fin de l'année.
Vendredi, M. Sanader a réitéré ses accusations à l'adresse de Bruxelles.
"J'ai fait valoir à des hommes politiques européens qui cherchaient une explication à mon geste que ma décision représentait aussi une protestation contre un comportement inacceptable à l'adresse de la Croatie", a dit M. Sanader à la presse.
"Je n'ai pas voulu participer aux +petits jeux politiques+ d'une partie des hommes politiques européens qui (...) n'ont pas déployé les efforts nécessaires pour faire cesser le chantage sans précédent de la Slovénie", a-t-il ajouté.
