Coupe d'Europe de rugby - Toulouse-Munster: les données du match

PARIS (AFP) - Le Stade Toulousain, triple champion d'Europe, et les Irlandais du Munster, vainqueurs en 2006, s'appuieront tous deux sur de solides certitudes dans le jeu mais devront aussi répondre de quelques faiblesses bien identifiées lors de leur confrontation, samedi en finale à Cardiff.

Le joueur de Toulouse Bertus Swanepoel (g) aux prises avec Laurent Marticorena, de Castres, le 7 mai 2008 à Castres (© AFP - Eric Cabanis)
Revue de détail des forces et interrogations respectives des deux rivaux:

LES CERTITUDES:

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Toulouse: offensive, conquête et polyvalence. Avec treize essais en Coupe d'Europe et 69 en Championnat, le Stade Toulousain est le premier de la classe. L'épidémie de blessures (Fritz, Poitrenaud, Clerc) a été compensée par l'éclosion de Maxime Médard et la montée en puissance d'Yves Donguy sur les ailes. Les Toulousains savent imposer leur rythme et faire exploser leurs adversaires en fin de partie, à l'image de Cardiff en quarts de finale.

Le Stade a aussi retrouvé des couleurs en conquête directe, point faible des deux dernières saisons. Il a su neutraliser la touche des redoutables London Irish en demi-finale. L'apport de Yannick Bru, entraîneur des avants depuis le début de la saison, a été déterminant, comme celui du "9e avant", le demi de mêlée Byron Kelleher.

Autre atout pour l'entraîneur Guy Novès: la polyvalence. Nyanga, Bouilhou, Maka, Dusautoir et Sowerby forment des troisièmes lignes sur mesure en fonction des adversaires, Médard peut jouer ailier ou arrière, Courrent 9 ou 10, comme Elissalde.

Munster: Défense, mental et "Red Army". Le Munster excelle par sa capacité à ralentir le jeu dans les zones de contact et empêcher l'adversaire de déployer le sien. La défense, sous la direction de Tony McGahan, est un mur: 8 essais encaissés en 8 matches de Coupe d'Europe, jamais plus de deux par match. Gloucester, équipe la plus prolifique d'Angleterre, s'y est cassée les dents en quarts de finale.

Les Irlandais, par ailleurs, ne s'avouent jamais vaincus et sortent souvent gagnants des matches indécis, usant leurs adversaires au moins autant mentalement que physiquement.

Cette détermination sans faille est alimentée par un public innombrable. Lors de la finale gagnée en 2006 contre Biarritz, déjà au Millennium Stadium, la proportion de supporteurs était de 15 pour 1 en leur faveur. Samedi, le Munster jouera à domicile.

LES DOUTES:

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Toulouse: Inconstance. Si la conquête a été améliorée, elle n'en reste pas moins périodique. Des "oublis" qui font le bonheur d'adversaires dominés: récemment, deux essais encaissés en sept minutes à Montpellier et quelques occasions gâchées contre Montauban. Face au Munster, ce genre d'égarement ne pardonnera pas.

Le Stade a trouvé la parade à la concurrence de deux grands N.9, Elissalde et Kelleher: les associer en charnière. Elissalde a redécouvert avec bonheur le poste d'ouvreur de sa jeunesse. Mais malgré ses réelles promesses, le tandem reste encore essentiellement la somme de deux grosses individualités et manque de vécu commun.

Munster: Charnière et Manière. Si Ronan O'Gara a retrouvé la forme après son Mondial catastrophique, ce n'est pas le cas de Peter Stringer, héros de la finale 2006, qui cédé sa place à Tomas O'Leary depuis les quarts. Le défi proposé par le Toulousain Kelleher influencera le choix de l'entraîneur Declan Kidney: puissance (O'Leary) ou expérience (Stringer).

Par ailleurs, la province ne sait guère varier son jeu et risque de se retrouver à court d'arguments, pour peu que Toulouse soutienne la comparaison dans le défi physique. D'autant que le Munster n'a plus la conquête hégémonique qui a fait sa réputation. En touche, Paul O'Connell n'est plus le joueur d'il y a deux ans et les Toulousains n'ont sans doute pas à rougir de la comparaison en mêlée.