Le G8 confirme le doublement de son aide à l'Afrique d'ici 2010

TOYAKO (AFP) - Les pays riches du G8 ont annoncé mardi qu'ils se donnaient cinq ans pour débloquer 60 milliards de dollars pour lutter contre les maladies infectieuses en Afrique, et ont confirmé leur engagement de doubler leur aide à ce continent d'ici 2010.

Le président sénégalais Abdulaye Wade, le 7 juillet 2008 à Toyako, au Japon (© AFP - Gerard Cerles)
"Nous réitérons notre engagement à poursuivre les efforts, à travailler vers le but de fournir au moins 60 milliards de dollars sur cinq ans pour combattre les maladies infectieuses et renforcer la santé", ont indiqué dans un communiqué les chefs d'Etat et de gouvernement du G8, réunis à Toyako (Japon).

Cet engagement de verser 60 milliards de dollars pour lutter contre la malaria et le sida avait été pris par le G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon, Russie) lors de leur précédent sommet à Heiligendamm (Allemagne). Mais ils ne s'étaient alors fixés aucune date-butoir.

A Toyako, le G8 a en outre confirmé son engagement pris lors du sommet de Gleneagles (Ecosse) en 2005 d'accroître de 25 milliards de dollars par an son aide directe au développement pour l'Afrique, ce qui constituera un doublement par rapport à son niveau de 2004.

Le président du Sénégal Abdoulaye Wade avait prévenu un peu plus tôt les dirigeants du G8 que l'Afrique ne voulait plus de "nouvelles promesses" non tenues.

"Je leur ai dit : +N'allez pas nous promettre ce que vous n'allez pas faire, regardons d'abord ce qui a été fait jusqu'à présent+", a-t-il indiqué au téléphone avant de quitter le Japon.

M. Wade et six autres dirigeants africains --Afrique du Sud, Algérie, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie ainsi que le président de la commission de l'Union africaine-- étaient conviés par la présidence japonaise du G8 pour évoquer notamment les questions d'aide au développement, la flambée des prix agricoles et du pétrole.

"Tout le monde a reconnu autour de la table que de nombreuses promesses n'avaient pas été tenues. Depuis Gleneagles (le G8 de 2005), pas un dollar n'a été versé", a remarqué M. Wade, qui a souligné la "franchise" de la réunion.

"Ce fut une réunion d'information réciproque où l'on a pu mettre concrètement sur la table l'ensemble des problèmes qui se posent, environnement, montée du prix des denrées alimentaires et des prix du pétrole et analyser leur impact sur l'Afrique", a-t-il dit.