Compte à rebours avant le retour en orbite de Simonyi le "touriste"

BAÏKONOUR, Kazakhstan (AFP) - L'Américain Charles Simonyi, qui décollera jeudi de Baïkonour à bord d'une fusée Soyouz, deviendra le premier "touriste" au monde à se risquer à un deuxième et coûteux vol dans l'espace, qu'il espère plus éblouissant encore que le précédent.

Charles Simonyi l ors d'une séance d'entrainement, le 12 mars 2009 à Baikonour (© AFP - Str)
Jeudi 26 mars à 11H49 GMT, la fusée emportera à son bord M. Simonyi, son compatriote Michael Baratt, astronaute, et le Russe Guennadi Padalka, cosmonaute.

Cette équipée, qui décollera du cosmodrome russe de Baïkonour (centre du Kazakhstan) suivra de quelques jours à peine celle de la navette américaine Discovery, qui avait conduit sept astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS), et qui doit quitter cette dernière le 25 mars.

Comme son homologue américaine, la mission russe visera notamment à remplacer certains des résidents actuels de la Station. Le retour sur terre du vaisseau Soyouz est prévu le 6 avril.

L'équipage et sa doublure sont arrivés à Baïkonour environ une semaine avant le lancement, après s'être entraînés à Moscou. Ils ont eu le temps "de se reposer, de s'entraîner et d'être extrêmement bien nourris", a indiqué Michael Baratt aux journalistes, lors d'une rencontre dans l'une des modestes salles d'entraînement du cosmodrome, dans la banlieue de cette petite ville sous administration russe, perdue au milieu de la steppe kazakhe.

Pendant ce temps, les équipes au sol ont assemblé les différents éléments de la fusée, avant de la transporter jeudi matin sur rails jusqu'au lieu du lancement.

Ce vol sera le septième à emporter un "touriste" dans le cosmos, tandis que M. Simonyi entrera dans l'Histoire en tant que premier individu à avoir effectué deux missions de ce type contre espèces sonnantes et trébuchantes.

Le tarif a d'ailleurs considérablement augmenté par rapport à la première fois, puisqu'il a reconnu que cette seconde expérience lui coûterait 35 millions de dollars, contre 25 millions pour la première.

Mais le jeu en vaut indubitablement la chandelle, la répétition ne faisant qu'accroître l'intérêt de l'aventure, dit-il en citant l'expérience d'autres cosmonautes.

Lui-même appréhende d'ailleurs ce second vol comme une "continuation du premier", et surtout une occasion de mettre à profit les "compétences" engrangées à cette occasion, a-t-il dit dans un entretien téléphonique à l'AFP à quelques jours du décollage.

L'amarrage du Soyouz à l'ISS est selon lui le moment le plus mémorable: "Vous êtes au milieu de nulle part, loin de tout et vous arrivez à cet objet fantastique, créé par l'homme, qui a l'air très fragile", témoigne-t-il.

M. Simonyi, que sa carrière auprès du géant américain du logiciel Microsoft et ses autres activités ont rendu milliardaire, a déjà indiqué s'être engagé auprès de son épouse - une Suédoise avec laquelle il s'est marié en novembre dernier, soit après sa première mission dans l'espace - à ce que ce vol soit le dernier.

Lors de sa première ascension, outre le fait qu'il était alors le 5e touriste spatial au monde, M. Simonyi avait aussi défrayé la chronique mondaine en conviant alors au lancement la célèbre star de la télévision américaine Martha Stewart.

Comme la première fois, M. Simonyi a prévu de se prêter à des expériences scientifiques pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA) et l'Agence spatiale de Hongrie, son pays d'origine. Il s'agira notamment d'étudier l'impact du vol sur le corps humain, les astronautes de la station étant exposés durant leur séjour à des radiations galactiques et solaires.