Claude Goasguen (UMP) "souhaite ardemment une privatisation" de l'AFP

PARIS (AFP) - Le député UMP de Paris, Claude Goasguen, a indiqué souhaiter "ardemment" une privatisation de l'Agence France-Presse, qu'il a qualifiée d'"agence d'Etat", mercredi dans le cadre d'un débat sur i-TELE.

Claude Goasguen, le 10 juillet 2007 à Paris (© AFP/archives - Clemens Bilan)
"L'AFP est la seule agence internationale qui a un statut public. Je regrette que ce pays, qui est un pays libre, ait une agence d'Etat. (...) Moi, je souhaite ardemment que l'AFP soit privatisée", a déclaré M. Goasguen, lors d'un débat sur les critiques formulées depuis plusieurs semaines par des responsables de l'UMP à l'égard de l'Agence.

L'AFP "ce n'est pas la presse, c'est une agence d'Etat", a-t-il martelé.

La France est "le seul pays qui dispose d'une seule agence", a encore affirmé le député, se disant "pour la concurrence des agences".

Interrogé pour savoir par qui une Agence France-Presse privatisée serait financée, il a répondu : "c'est le problème de l'AFP".

"Il faut arrêter de considérer comme inéluctable, ce qui n'a été en réalité qu'une construction historique à un moment donné", a-t-il déclaré, évoquant le statut de l'AFP.

L'Agence France-Presse, qui est la deuxième agence mondiale avec plus de 10.000 médias abonnés, dispose d'un statut unique en son genre, voté par le Parlement en 1957, et qui garantit son indépendance. Elle n'est ni un organisme public, ni une société privée. Elle est notammment en concurrence, dans le monde comme en France, avec les agences Reuters et Associated Press.

Début mai, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, avait accusé l'AFP de "censure", lui reprochant de n'avoir pas traité certains des communiqués de son parti relatifs à une condamnation en justice de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal. Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, a de son côté évoqué des "dysfonctionnements" de la part de l'Agence.