CIO: la Commission exécutive réunie aux Etats-Unis sur fond de conflit

PARIS (AFP) - La commission exécutive du Comité international olympique s'ouvre mercredi à Denver (Etats-Unis) sur fond d'un conflit financier tenace entre le CIO et le comité olympique américain (USOC) qui pourrait compromettre la candidature de Chicago aux jeux Olympiques 2016.

Le logo des Jeux Olympiques sur un drapeau (© AFP/Archives - John D Mchugh)
Officiellement, le programme de la première CE de l'année 2009 ne comporte aucune négociation entre les deux comités. C'est d'ailleurs un calendrier allégé qui attend jusqu'à vendredi les 14 membres du "gouvernement" du CIO: traditionnels rapports des comités d'organisation des Jeux à venir (Vancouver, Londres, Sotchi) et rencontre avec les fédérations internationales.

C'est donc dans les coulisses qu'USOC et CIO vont tenter de régler leur différend et, pour le premier, de sauver une candidature américaine longtemps favorite pour emporter en octobre prochain la majorité des suffrages, avant de se voir distancée récemment par Tokyo, Madrid et même Rio de Janeiro, selon le site internet GamesBids.com.

Au centre du débat qui s'est ouvert lundi, également à Denver, avec le salon SportAccord, le déséquilibre financier éhontément favorable aux Américains, selon le CIO, en vertu d'avantages consentis il y a près de 25 ans lorsque les Etats-Unis pouvaient se targuer de faire vivre le mouvement olympique par le biais de leurs généreuses multinationales et chaînes de télévision.

Au terme de cet accord conclu en 1985, un an après les Jeux de Los Angeles et renégocié en 1996, lors de ceux d'Atlanta, l'USOC perçoit 12,75% des droits de retransmission générés aux Etats-Unis et 20% du revenu marketing global, soit autant que les 204 autres comités olympiques réunis.

Or aujourd'hui, les compagnies asiatiques et européennes font quasiment jeu égal avec les Américaines (6 sur 12) dans le programme de sponsoring olympique et, malgré la prééminence des droits américains (900 millions de dollars pour Pékin soit deux fois plus que l'Europe), la contribution des médias du monde entier a largement augmenté depuis 25 ans.

Mis sur la place publique en juin dernier, le conflit semble insoluble entre les deux parties. L'USOC justifie son traitement de faveur par le fait que les Etats-Unis génèrent 60% des revenus olympiques réduisant l'équation à un "problème mathématique", tandis que le CIO souhaite que l'USOC "participe aux coûts des jeux Olympiques selon une distribution plus juste", selon Denis Oswald, membre du trio du CIO chargé de régler le différend.

Le comité olympique américain joue par ailleurs sa survie économique. Plus gros employeur que le CIO (425 personnes à Colorado Springs contre environ 300 à Lausanne), il a licencié 15% de son personnel au début du mois de mars et ne perçoit, contrairement à ses homologues étrangers, aucune subvention gouvernementale.

Cette dépendance aux fonds olympiques explique l'intransigeance américaine. Une ligne dure qui pourrait avoir un coût terrible pour les Etats-Unis puisque de nombreux grands électeurs du CIO ont manifesté leur colère en annonçant leur intention de ne pas voter pour Chicago en octobre prochain, lors de l'élection de la ville hôte des Jeux 2016 pour laquelle la métropole du Michigan fut longtemps favorite.